Croire que la vie est un long fleuve tranquille : une illusion

Publié le par processuscroissance.over-blog.com

Rattrapée par le besoin de me sentir exister 

 

Pierre, Jacques, Michel, Catherine, Amélie, Béatrice …, ont un point commun.

Ils aimeraient vivre dans un monde où il n’y a pas d’emmerdes, où tout serait plus facile, où il ne faudrait plus être soumis au stress, aux tensions.

Ils aimeraient trouver où se cache ce long fleuve tranquille devant lequel ils pourraient venir se reposer et se délecter des meilleures choses que la vie pourrait leur offrir.

Ils aimeraient rejoindre ce jardin d’Eden où tout était facile …

C’est notre rêve, notre illusion … et c’est tellement humain ! En plus, ça fait du bien à notre mal de vivre, au moins, on se raccroche à quelque chose … avant de retrouver le chemin de notre réalité humaine qui est bien loin du jardin d’Eden.

regarder et percevoir ce qui est caché

Pour mieux saisir la complexité et comprendre ce qui se passe lorsqu’il nous semble retrouver devant nous les problèmes qui à nos yeux devraient être résolus, je vais vous présenter dès maintenant et ces prochains jours 3 cas précis.

1er cas :

Je commence par me dévoiler … hé oui, ce n’est pas parce que je suis  professionnelle dans la matière que je ne rencontre pas ce problème.

Je vis souvent le sentiment qu’on se souvient de mon existence lorsque les autres sont dans les difficultés. Les autres, je veux parler de mon cercle proche. Il est vrai que j’ai la chance d’être bien lotie, de n’avoir pas de problèmes (à leurs yeux), d’être outillée pour les aider. Il est vrai également que je suis toujours disponible.

Ce sentiment d’être invisible la plupart du temps est très difficile à vivre.

Bien sûr, j’ai cerné mon besoin d’être reconnue, estimée … au moins par les personnes qui me sont les plus proches. J’ai travaillé sur ce réflexe de les aider systématiquement lorsqu’ils disent qu’ils ont besoin de moi.

Je me suis rendue consciente que je prenais également sur mes épaules leurs problèmes, je voulais les rendre heureux.

A chaque résurgence de mon sentiment de n’exister que lorsqu’ils avaient besoin de moi, j’ai appris à réagir moins par réflexe, j’ai appris à me protéger, j’ai appris à leur laisser leur part de responsabilité.

D’une certaine manière, il serait juste de dire qu’à chaque fois je lâchais prise. A chaque pas posé je prenais conscience que je ne pouvais pas leur apporter le bonheur qu’ils attendaient de moi.

Cela a eu des conséquences. J’ai reçu des reproches de toutes sortes, du genre que je n’éprouvais aucune compassion, que je n’arrivais pas à essayer de les comprendre, que j’étais une insensible …

Mais j’avais le sentiment que j’avançais, que je gagnais en liberté, que je devenais plus libre face à eux …

En fait, c’est vrai, j’avançais … mais, à un moment ou à un autre, je retrouvais mes réflexes, je venais à leur secours et je retrouvais mon sentiment d’exister parce qu’ils avaient besoin de moi.

Les voir en difficulté me faisait revivre ce que je vivais enfant … (la remontée des saumons) et je pensais que de les aider allait m’aider à prendre soin de l’enfant en moi.

Il est important ici de souligner que de reproduire ce que je faisais en étant enfant n’était pas du tout conscient. C’était simplement inscrit en moi.

Retrouver ces moments où enfant je faisais tout pour que mon entourage soit heureux, a été important.

Je pouvais ressentir toute la force de vie qui était déjà présente, toute l’ingéniosité que j’avais pour inventer, créer la vie, tout l’amour que je voulais donner et recevoir, toute une envie de vivre.

Le saumon retourne sur les lieux de sa naissance pour se reproduire et pour mourir.

Retourner là ou j’avais pris la décision que je devais rendre heureux mes proches, c’était retourner pour me retrouver, et d’un certain côté, pour mourir.

Pas mourir de cette vie, mais laisser mourir la décision que j’avais prise pour prendre une autre décision : celle de vivre sans me sentir dans l’obligation de reproduire un réflexe d’enfant, vivre en étant adulte.

C’est d’une autre manière que je peux donc continuer mon chemin vers mon à-venir. Mon besoin de me sentir exister n’a plus le même goût qu’avant ce retour vers son origine. Il sera toujours là. La différence est que c’est à moi de me sentir exister dans ce que je fais, dans ce que je donne, dans ce que je crée. La différence est que je me sens exister au-delà de mes attentes sur les autres.

Le processus :

·         Le sentiment de me sentir exister uniquement lorsque l’autre à besoin de moi est un déclic … je n’existe pas autrement et ça me fait mal.

·         Reconnaître mon besoin d’être reconnue, aimée, estimée … et reconnaître que ce besoin prend des proportions aussi grande que celui de manger une plaque de chocolat pour combler un manque.

·         Décoder ce qui se passe réellement et ce qui pousse à aider systématiquement l’autre dans son problème.

·         Faire le chemin inverse pour retrouver depuis quand cela s’est mis en place.

·         Changer la décision de l’enfant pour en faire une décision d’adulte.

·         Reprendre son chemin de vie sans effacer ce qui a été, sans remettre dans mes bagages le réflexe de survie et y mettre tout ce qu’il y avait de positif, de beau à ce moment là.

Toute belle journée à vous et à bientôt.


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