Dieu, ses anges et ses saints ...

Publié le par processuscroissance.over-blog.com

« Qu’est-ce que t’as fait au bon dieu pour être si malheureux ? » (Georges Chelon)

4 : Porter la faute sur autrui, un excellent moyen pour se rassurer et ne pas se sentir heureux

C’est pas ma faute, c’est parce que …

En clair, si ça ne va pas, je n’y suis pour rien. C’est la faute de … si ça ne marche pas, si ça n’avance pas, si les choses sont comme elles sont !

Que ce soit dans la vie privée, relationnelle ou professionnelle, il y a dans l’être humain un réflexe « pirouette ».

 

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Ce mouvement qui consiste à « se désaxer » pour porter son regard ailleurs, sur autre chose.

Bien sûr, il y a un certain nombre de choses qui ne vont pas comme nous le voudrions dans notre vie et qui n’incombe pas à notre propre responsabilité.

Ainsi, personnellement, j’aurais bien voulu ce week-end prendre un peu de temps pour me reposer d’une semaine hyper chargée, mais voilà, les enfants sont arrivés et ils sont restés toute l’après-midi …

des amis ont sonné à la porte sans avoir annoncé leur visite …

il y avait cet anniversaire ou j’avais accepté d’y participer et d’apporter un dessert …

 

Résultat, je ne me suis pas reposée et je reprends le travail fatiguée ! 

 

Vous voyez, je ne suis en rien responsable de ce qui est survenu au cours du week-end …

 

Les enfants ne pouvaient pas deviner que j’avais prévu de me reposer. Ils viennent si rarement que ça m’a fait plaisir. Je ne pouvais pas leur dire qu’ils auraient pu venir un autre jour …

Lorsque j’ai entendu que l’on sonnait à la porte, j’ai pensé que c’était ma voisine qui venait me demander de lui prêter quelque chose. Bon, c’était des amis que je n’avais pas revus depuis longtemps. Quelle joie de les revoir et de boire un verre ensemble, de préparer vite fait un repas que nous avons dégusté sur le pouce … « diable », ils avaient une longue route à faire et ils étaient juste passés pour « souffler » un peu !

Et puis, un anniversaire fêté le dimanche et en plus en fin d’après-midi, ce n’est pas si grave, d’autant plus que chaque invité avait pu profiter de son samedi et d’une partie de son dimanche pour se reposer … oui, mais je n’y avais plus pensé et je n’avais pas fait mon dessert. Je ne pouvais quand même pas y aller sans rien dans les mains !

 

Ce n’est quand même pas de ma faute si je suis fatiguée en ce lundi matin ! Et je ne peux même pas dire que c’est la faute de mes enfants, de mes amis … alors, j’accuse Dieu, ses saints et ses anges …

 

Il y a aussi un certain nombre de choses qui ne vont pas comme je le voudrais et qui incombent à ma propre responsabilité. Mais voilà, d’une pirouette, je quitte ce qui est de ma responsabilité pour rejeter la faute sur l’autre.

 

Ainsi, en reprenant mon travail, je m’aperçois qu’il manque des données dans le dossier que je dois étudier … j’ai oublié de demander à la personne concernée de me faire parvenir le pv des prises de décisions, ce qui m’aurait permis d’avancer dans ma tâche. Elle aurait quand même pu y penser !

 

La faute, c’est l’action de faillir, de manquer. La responsabilité c’est reconnaître ce qui est, accepter ses actes manqués, les circonstances et les conséquences qui en découlent.

La notion de faute fait référence à la culpabilité et enferme dans la notion de ne pas faire d’erreur, de ne pas se donner le droit de rater quelque chose d’important. Regarder ce qui est de sa responsabilité est une démarche positive.

 

Je ne peux pas avancer sur ce dossier puisque je n’ai pas toutes les données qui me sont nécessaires … alors, j’en veux à la personne qui a « oublié » de me donner les renseignements dont j’ai besoin, j’en veux à toutes ces personnes à qui je dois tout dire, j’en veux à la terre entière, je m’en prends même à Dieu, à ses saints, à ses anges … RIEN NE VA COMME JE VEUX !

 

dossiersDu coup, j’ai envie de m’en foutre, de mettre ce dossier de côté, de passer à autre chose. « Si ce n’est pas de ma faute, pourquoi est-ce que je m’en ferais ? »  J’ai envie de laisser faire, de voire combien de temps il faudra à l’autre pour se rendre compte qu’elle ne m’a pas transmis le pv et la prise de décision. Puisque ce n’est pas de ma faute, que je ne peux quand même pas penser à tout, que les autres prennent leurs responsabilités. Je le pense si fort que je m’enferme dans une spirale négative.

Rien ne va comme je voudrais que ça aille, je n’avance pas, j’oublie des choses, je mets de côté ce qui est important et urgent et cerise sur le gâteau … comme je n’ai pas donné réponse à la personne qui me demandait d’étudier le dossier et de lui donner mes propositions, elle me reproche mon manque de professionnalisme.

 

 

Alors, je lui dis que ce n’est pas de ma faute, que je n’ai pas reçu toutes les données, que je vais vite faire le nécessaire. Je lui dis que je ne supporte plus l’inactivité et le laisser aller de certaines personnes qui s’en foutent et qui ne font pas leur travail … et là, elle me dit que CE N’EST PAS DE MA FAUTE !

 

Du coup, je me sens déresponsabilisée … Je suis responsable de ce projet. Si celui-ci n’avance pas et que ce n’est pas de ma faute, alors qui va pousser pour le faire avancer ?

Je me sens insécurisée. Plutôt qu’être rassurée et motivée à prendre les choses en main, c’est comme si elle m’enlevait ma capacité à vivre ma responsabilité.

Je suis responsable du suivi de ce dossier. Je devais faire le nécessaire pour que les choses suivent et je ne l’ai pas fait. En me disant que ce n’est pas de ma faute si les autres ne font pas leur boulot, je me demande bien qui, alors, est responsable.

D’une pirouette j’essaie de rétablir mon équilibre, de me ré axer dans ma verticalité et d’un mouvement de colère je pense intérieurement : « Qu’ils aillent au diable » !  Cette saute d’humeur me fait du bien mais elle ne me rend pas heureuse.  

 

A bientôt pour découvrir un autre frein.

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