Enchaînement de sentiments désagréables

Publié le par Madeleine Moreau

Quand ce qui vous arrive n’a rien à voir avec votre histoire

 

Il y a une croyance qui n’est pas prête de prendre le large : « Si tu ne vas pas bien, regarde ce qui s’est passé dans ton enfance »

Il y a des choses qui nous arrivent dans la vie qui nous mettent les sentiments sens-dessus, sens-dessous, et, qui n’ont rien à voir avec un épisode de l’enfance. J’en ai déjà parlé dans ce blog.

Il y a des évènements, des situations qui peuvent provoquer un puissant déséquilibre et qui ne sont pas reliés à un traumatisme de l’enfance.

Ce qui m’est arrivé dernièrement (voir mon dernier article), a provoqué en moi un déséquilibre, un mélange de sentiments désagréables qu’il a fallu traverser.


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Le ciel est tombé sur ma tête

Tant que tout fonctionne, que tout va bien, la vie poursuit son bonhomme de chemin.

Dans mes valeurs, je situe l’honnêteté et la vérité dans les premières.

J’ai tendance à croire que c’est le cas pour tout le monde.

Après avoir réalisé que j’avais eu affaire à un piratage propre, en ordre, ce sont mes valeurs qui ont été touchées : « Comment est-il possible qu’il puisse y avoir des gens sans aucun scrupule ? » Des gens qui sont prêts à tout pour vous alléger de quelques centaines d’Euros en toute impunité ?

En plus, avec un arrière-fond d’honnêteté et de vérité vis-à-vis du pigeon !

Ensuite, il faut se rendre à la réalité : Ce qui est fait, est fait. Pas moyen de revenir en arrière, pas moyen de réécrire l’histoire autrement.

La colère fut le premier sentiment ressenti. Une colère sourde, noire, intense. Colère qui s’est diffusée dans tout mon corps, mes paroles, mes pensées, pour terminer sa course dans un violent maux de tête. J’ai d’ailleurs dit : « ça me prend la tête ».

Ensuite, est venue la culpabilité : J’aurais dû écouter mon instinct et obliger mon mari à couper le téléphone dans les premières minutes. J’aurais dû être plus directive. J’aurais dû faire confiance à cette petite voix qui m’invitait à la prudence, mais j’ai laissé faire, me réfugiant sous une superbe excuse : « Il sait ce qu’il fait ».

Culpabilité ensuite en prenant conscience de tout ce que je n’avais pas fait pour sécuriser mon environnement informatique, un environnement qui est mon outil de travail, un environnement qui contient tout ce qui me permet de vivre passionnément ce que je fais.

Une culpabilité qui dénonçait mon laisser-aller, mon pragmatisme, mon manque d’attention, etc …

Culpabilité qui trouvait un réconfort dans la colère restée en arrière-fond.

L’impuissance s’est ajoutée. Que faire dans de tels cas ? Porter plainte ? Pas besoin d’être super intelligente pour savoir que ça ne servirait à rien, que ceux qui sont derrière l’arnaque ne seront pas retrouvés.

Face à un outil de travail qui ne fonctionne plus, qui a été totalement détruit, j’ai ressenti de l’impuissance.

J’ai vécu plusieurs jours à ne pas savoir comment m’occuper, même si j’avais bien des choses à faire. C’est un peu comme si je m’étais coupée d’énergie, d’élan, d’envies.

Une impuissance reliée à la colère, à la culpabilité et qui se traduit par un profond déséquilibre. « Qu’est-ce que je vais faire ? Comment est-ce que je vais pouvoir continuer ? »

Mon outil de travail, tout ce que j’ai … mes fichiers, mes recherches, mes photos, mes projets tout cela est dans cette petite boîte noire et il n’y a plus aucun accès, aucune assurance que je vais pouvoir récupérer mon bien.

Un déséquilibre qui a des conséquences dans la vie quotidienne : il me devient difficile de me mettre à la préparation des repas, de penser plus loin que demain, d’organiser mes journées de manière constructive.

J’agis simplement dans l’urgence : trouver une nouvelle machine, changer mon adresse IP, demander un nouveau routeur, penser aux dépenses que cela engendre et auxquelles nous n’avions pas pensé si vite. Continuer de vivre malgré le bug.

Se remettre debout, reprendre les commandes

Ces quelques jours, vécus à la périphérie de moi aurait pu déboucher sur une déprime.

J’ai senti que je devais agir et non pas subir.

Il ne me servait à rien de faire comme si rien ne s’était passé, de continuer de nourrir ma colère, de donner un pouvoir à ma culpabilité.

Cela faisait des mois que je me disais qu’il serait bien de classer mes documents (au moins, j’ai des copies sur papier), de faire place nette sur mon bureau. Comme j’avais toujours autre chose à faire, j’attendais le bon moment. Or, le bon moment venait d’arriver !

Je me suis donc mise au travail.

En triant, en classant, j’ai pris conscience, autrement, de tout ce que je risque de perdre si mon informaticien n’arrive pas à récupérer mes fichiers, (j’ai encore une semaine pour savoir si ce sera possible).

Avoir des traces sur papier, ce n’est que la partie voyante de l’iceberg, l’essentiel est sur mon disque dur … non, mais, j’aurais quand même dû savoir qu’il fallait vérifier où étaient les sauvegardes ! » Re-bonjour la culpabilité !

En plus, bien des dossiers ont été imprimés en 2009 – 2010 et les corrections, les changements, sont sur mon disque.

Mais au moins, j’étais occupée à faire autre chose que de nourrir mes sentiments négatifs. La vie pouvait à nouveau circuler en moi.

Prendre du recul, une nécessité vitale

Cette expérience me permet de réaliser toute l’importance de savoir prendre du recul face à un tel évènement.

Comme je le disais, un piratage informatique est comparable à un cambriolage, un incendie, un viol de la vie privée. C’est un traumatisme psychologique.

Il faut prendre du recul. Non pas minimiser l’impact, les conséquences, ne pas gommer les différents sentiments qui surgissent, mais se mettre face à ce qui arrive, ce qui est arrivé.

Prendre du recul pour ne pas laisser le déséquilibre céder sa place à la déprime, à la démission.

Prendre du recul, c’est aussi se préparer intérieurement à ce qui viendra ces prochains jours. Je ne sais pas si je vais récupérer mes données. Je ne me vis pas dans l’illusion, dans le rêve que ce sera possible, mais dans la perspective qu’il est possible que tout soit infecté et irrécupérable. J’ai donc à regarder l’à-venir avec cette possibilité et continuer à construire tout en regardant les ressources sur lesquelles je vais pouvoir m’appuyer.

A partir de ce qui constitue ma réalité, je vous offre un mode d’emploi pour faire face à un évènement « catastrophique »

Accueillir les sentiments qui surgissent, sans gommer leurs intensités

Reconnaître les différents états dans lesquels ils vous embarquent

Choisir de ne pas les laisser prendre le pouvoir

Prendre du recul et regarder la globalité de ce qui est arrivé

Construire l’à-venir en tenant compte de ses énergies, de ses ressources

Si vous avez des questions, des réactions, dites-le dans un commentaire.

Je vous souhaite une excellente journée.

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Danièle 14/02/2014 15:21


Navrée de lire cette catastrophe, je compatis ++ devant les pertes et le surcroit d'énergie à mettre pour reconstruire ! Cela confirme ce que je ressens depuis longtemps : le web est une jungle,
on n'en saisit (et encore !) que la pointe de l'iceberg ... cela fait froid dans le dos. Je comprends ce que tu as ressenti face à cette arnaque "invisible".


Mais merci aussi de mettre à notre disposition ton mode d'emploi à partir de ce vécu-là, il n'en a que plus de valeur parce que là on est à fond dans la Vie et ses secousses ... et ce qu'on en
fait ! Courage pour la suite !

Madeleine Moreau 14/02/2014 15:57



Bonjour Danièle,


Merci pour ta compassion. Oui, le web est une jungle et le danger est bien réel, quoique en dise les professionnels. 


Tout à fait normal de partager mon vécu, c'est aussi un témoignage pour dire que tout le travail personnel commencé depuis de nombreuses années porte des fruits. 


Bonne fin de journée à toi.


Madeleine