C’est pas beau d’être en colère !

Publié le par processuscroissance--blog.com

Dès votre enfance vous avez entendu cela : « C’est pas beau d’être en colère, tu dois être gentil, gentille ».

Alors certaines personnes s’efforcent d’être gentilles, de ne jamais élever la voix, d’adoucir leurs sautes d’humeur.

Mais à un moment ou un autre, elles se mettent en colère.

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La colère est une émotion volcan.

Dans le calme apparent se prépare une irruption qui risque à tout moment d’éclater par le biais des paroles, des gestes, des actes.

Il existe aussi des personnes qui s’expriment le plus souvent par la colère.

Elles le reconnaissent.

Elles en ont fait un trait de leur identité. « Je suis colérique, je n’y peux rien, ça fait partie de moi ».

Plutôt que de réagir calmement, de poser des actes tranquilles, elles explosent au moindre signe d’insatisfaction.

La revue Psychologie en a fait un article, le voici …

Exprimer sa colère

Psychothérapeute didacticien et directeur de l’école parisienne de Gestalt., il est l'auteur de “Vouloir sa vie ”.

Gonzague Masquelier

Comment définissez-vous la colère ?

La colère est une émotion primaire, comme la tristesse, la joie, la peur... Tous les êtres humains la partagent, mais tous ne l'expriment pas de la même façon.
On distingue la colère de l'agressivité, qui est plus de l'ordre du tempérament. La colère est donc l'émotion qui traduit l'agressivité.

Cette agressivité, que l'on qualifie de saine, est considérée comme une donnée utile pour vivre, car elle permet de se défendre et donc de se faire respecter. Faire preuve d'agressivité, à une dose normale (!), c'est avoir conscience de soi et défendre son intégrité comme son territoire. Elle est également une pulsion vitale. Un nourrisson réclamera par exemple à manger à ses parents, en poussant des cris de colère terribles, qui réveilleront ses parents au beau milieu de la nuit. Il exprime là un besoin vital.

Manifester sa colère est donc un symbole de survie, psychique comme physique.

Certains ont pourtant du mal à se mettre en colère alors que d'autres ne cessent de hurler...

Toutes ces émotions de base, la peur, la joie, la colère.... ont été canalisées dans notre enfance. Les parents, l'école, l'entourage apprennent aux enfants à rendre ces émotions acceptables par la société. C'est pourquoi beaucoup savent aujourd'hui contrôler leur colère. Mais chez d'autres, l'éducation a parfois été si forte, si rigide que les émotions de l'enfant ont tout simplement été niées. L'enfant, et donc l'adulte en devenir, n'est plus en contact avec lui-même et ne sait pas exprimer ses ressentis, sinon sous une forme pathologique.

Les traductions pathologiques de la colère se déclinent sur quatre registres différents :

- la colère étouffée, disparue. Ce sont les gens qui sont incapables de se mettre en colère, qui ne savent jamais se défendre.

- la colère rétro-réfléchie : au lieu de l'exprimer, on enferme sa colère et on la retourne contre soi. Cela peut avoir des conséquences psychosomatiques graves (ulcères...).

- la colère défléchie : c'est une colère déviée sur autre chose que son vrai but. En colère contre sa femme, un mari s'en prendra plutôt aux enfants. C'est trouver un exutoire à sa colère, mais pas le bon.

- la colère hypertrophiée : une colère trop forte, toujours dans l'excès, disproportionnée par rapport à sa raison, et qui peut pousser l'individu à des actes de violence.

Mais attention, nous parlons de pathologie quand une personne exprime (ou non) sa colère sur un seul de ces quatre modes, et toujours le même.

Peut-on apprendre de ses colères ?

Bien sûr ! Nos colères, comme toutes nos émotions, nous parlent constamment. Il faut donc apprendre à les écouter et à les décrypter.
Il est tout d'abord intéressant de comprendre le “comment”. Comment on se met en colère, comment elle se manifeste.

Ensuite, il faut s'attacher au “pour quoi”. Je sépare sciemment ces deux mots car on si l'on trouve facilement le déclic qui a provoqué notre ire, on n'en distingue pas forcément l'objectif : que veut-on exprimer à travers notre fureur ? La frustration de celui qui est persuadé qu'il ne vaut rien affectivement et qui n'a trouvé que ce langage pour se faire remarquer ? Un sentiment d'injustice très fort à chaque petite remarque formulée, sentiment qui vient tout droit de l'enfance ? Et que veut-on exprimer quand on n'ose pas se mettre en colère ? La peur de mettre l'autre en colère à son tour, de ne plus en être aimé et de le perdre ?

Cette démarche est forcément complexe, et il peut d'ailleurs être utile de se faire aider par un thérapeute. Mais elle est riche car il faut tout d'abord comprendre et reconnaître sa colère, pour la libérer et s'en libérer.

                    http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Emotions/Interviews/Exprimer-sa-colere

Il faut d’abord comprendre et reconnaître sa colère pour la libérer et s’en libérer.

Réussir à la libérer lorsqu’elle est étouffée, lorsque le droit à l’expression lui est interdite.

Réussir en s’en libérer lorsqu’elle  est devenue « tellement normale » qu’elle explose pour un oui ou pour un non.

Réussir à la libérer et s’en libérer pour laisser plus de place à la sérénité, au calme intérieur, à l’harmonie de l’être.

Différents états qui peuvent vous faire exploser ou imploser

Exploser, c’est lorsque vous sortez de vos gonds.

Imploser c’est lorsque vous gardez tout en vous, lorsque vous retournez la colère contre vous.

La colère, ce n’est pas seulement et uniquement lorsque vous tapez sur la table ou lorsque vous hurlez à une injustice quelconque.

De multiples sentiments intérieurs expriment également le fait que vous êtes en colère.

ü Vous pouvez vous sentir contrarié/e

Contrarié parce que les choses ne se déroulent pas comme vous le voulez, parce que vous n’arrivez pas à atteindre vos objectifs.

C’est le grain de sable qui vient se mettre dans votre confort, dans votre recherche de paix.  

ü Vous pouvez vous sentir agacé/e

Il y a plein de choses dans le quotidien qui peuvent être agaçants.

Vous avez le sentiment de perdre patience

Vous avez envie de remettre les choses à leur place.

Vous avez envie de dire ses 4 vérités à l’autre.

ü Vous pouvez vous sentir irrité/e

C’est encore autre chose que de vous sentir contrarié/e ou agacé/e.

Ici, c’est une démangeaison physique que vous ressentez.

Une sensibilité à fleur de peau peut en être le signe.

ü Vous pouvez en avoir marre

Le trop plein est très proche.

Le risque de débordement atteint le seuil maximal.

Vous n’en pouvez plus et vous voulez que ça change.

ü Vous pouvez vous sentir exaspéré/e

Si vous lisez ce qui est écrit ci-dessus gentiment et si vous arrivez à la description de cet état, je ne serais pas étonnée que vous ressentiez en vous « le taux de la colère monter d’un cran ».

L’exaspération c’est la lave du volcan qui se fait très proche de l’explosion.

ü Vous pouvez vous sentir excédé/e

Très proche de l’exaspération.

Tous ces états peuvent vous conduire à une explosion ou une implosion.

Soit vous vous retournez contre la personne, la situation qui est la cause de cette montée de colère, soit vous l’étouffez pour ne pas nuire à autrui. Dans ce dernier cas, vous risquez de retourner la colère contre vous.

Il y a encore d’autres états qui peuvent être le signe que vous êtes en colère.

ü Vous pouvez vous sentir (fou) furieux, furieuse

Pas très difficile de percevoir la colère dans ces cas-là.

C’est l’explosion sans retenue.

ü Vous pouvez vous sentir hors de vous

Ici aussi la colère est apparente.

Il devient très difficile de se retenir, de ne pas « lâcher » une parole, un geste qui va plus loin que ce que vous aimeriez dire ou faire.

ü Vous pouvez (avoir la) haine

C’est la colère maximale.

On le dit : « j’ai envie de le tuer, de la tuer »

Les portes de la compassion, de l’amour sont fermées à double tour.  

Ces 3 états sont généralement de l’ordre de l’explosion.

Lorsqu’une personne cherche à camoufler ces états de colère, elle n’y arrive pas dans ceux-ci.

Il y a également des états qui n’apparaissent pas à première vue dans le comportement mais qui peuvent produire autant de ravages que l’explosion. A savoir :

ü Vous pouvez vous sentir amer

L’amertume est un des visages de la colère.

Intérieurement vous en voulez à l’autre ou à la vie.

Lorsque vous y pensez vous ressentez cette amertume qui monte jusqu’à vos lèvres.

ü Vous pouvez vous sentir écœuré/e

Un peu comme si vous aviez envie de vomir, ça ne passe plus, vous n’arrivez pas à digérer ce qui a été vécu ou ce qu’on vous a dit.

ü Vous pouvez vous sentir dégouté/e

Une autre définition pour parler de la colère qui est en vous.

ü Ou encore vivre du ressentiment

C’est ce que l’on garde bien souvent tout au fond de nous.

Le moindre souvenir, la plus petite allusion à un fait ouvre la porte à ce ressentiment.

On en veut à l’autre, à la terre entière lorsque ce n’est pas à tout l’univers.

Entre nous … le petit plus du coach …

Pensiez-vous que la colère pouvait se « cacher » dans tous ces états ?

Et si vous êtes du genre à ne pas vous mettre en colère, en êtes-vous toujours aussi certain, certaine ?

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Votre témoignage pourrait aider d’autres lecteurs à prendre conscience des épisodes colériques qui traversent leur vie.


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