Il vient d'où ton accent ?

Publié le par processuscroissance--blog.com

Notre manière de parler peut devenir une chance de mieux se connaître

 

C'est le week-end, le moment de pause.

Vous vous attendez en voyant le titre trouver un article quelque peu psychologique ?

Ben non, aujourd'hui je vous apporte un sourire, celui de mon coin, celui de mon terroir.

 

Quand je me laisse parler en me servant de ces mots qui m'ont accompagnés tout au long de mon enfance, il arrive que la personne en face me regarde d'un drôle de regard en point d'interrogation. Elle ne voit pas de quoi je parle alors que pour moi c'est clair et limpide comme l'eau d'un ruisseau.

 

C'est alors que je prends conscience que j'ai utilisé le vocabulaire emprunté au patois jurassien ou neuchâtelois. Des mots qui ont une signification pour moi, mais pas forcément pour l'autre.

 

Préparez-vous à essayer de comprendre en lisant ce qui suit :

 

Mr le Directeur,

 

Il faisait sarre nuit ! J’étais marre-seule dans mon cagnard à pétouiller avec mon frichti quand, on tripote à ma péclette. 

Ca faisait un chnabre du diable à vous ficher la déguille ! Je commençais à avoir la grelette.

Ca y est, j’me dis ! C’est le manou qui est sorti de son cabeu et qui veut me ficher malheur ! 

D’une voix grelottante, je crie : « Vous avez fini avec ce commerce, vous me donnez les étours » !

J’allais piquer une monture quand on me répond : « C’est l’facteur » ! Je lus la lettre qu’on m’envoyait. Elle venait des Britchons de Besac qui voulaient fêter le 1er mars !

« J’en ai fini de faire le tcharcot toute la sainte journée, plus de chimagrées, fini mon calvaire » ! 

Ma fi, j’avais meilleur temps de bousarder tout mon amingage et de laisser pour un soir, mes cafignons dans la cavette et d’y aller.

Je finis mon poutzage, je rangeai la cocasse et les casses à côté de la couleuse ; encore un dernier coup de serpillière sur les carrons et j’ai soufflé le quinquet.

Il me fallait bider si je ne voulais pas me laisser déboquer par les autres. On avait eu de la peine à me dégrailler mais, j’allais faire une sacrée foire avec les Britchons !

Le menu que j’avais lu sur la lettre était extra ; au lieu de gnaggis avec du sourièbe ou de kneuflets cuits à l’étouffée dans le teuflet fin neuf avec des schnetzes et du griès au sirop de framboise pour le dessert, il y avait une fondue faite dans un beau caquelon ; c’était rapicolant avec une bonne couètche !

Qué vous ! On des pas des étouffes, encore moins des schnoilles, chez les Britchons !

Je me souvenais des vigaitzes que j’avais faites dans mon jeune temps ; on me donnait, suivant la saison, une poufnée de gangans (primevères) ou un bouquet d’olives (jonquille).

Après le pousnion, on mangeait des pistaches et on suçait des tablettes à la bise (menthe). Pis vers minuit, on rentrait souvent par grande fricasse à travers de grandes menées ou en cambant des gouilles ; c’était le bon temps !

Je n’ai pas regretté d’être allé à cette fête. Y avait toutes sortes de gens, des qui avaient des bletzes à leur culotte, des qui étaient fringués du dimanche qu’on aurait dit des gaguis.

On reste tout vigousse après des rioules comme ça !

Mais le pire, c’est qu’en rentrant dans mon pignon, j’ai trouvé tout en cupesse. Le catz en voulant s’abecquer sur un tiroir, avait fait tiesser un tablard, la peuglisse (fer à repasser) avait dingué sur le potager ; mes chlarques dans ma bauche (mesure) de tourbe.

Quand j’ai eu tout rangé, j’avais l’air d’une schlampe en mariegrayon, tellement j’étais peute à voir ; et pis encore, j’ai manqué de m’ereinter le guinglet (petit doigt), en ramingant mon tablard.Alors, après, je me suis mise en pantet et suis allé au pieu !

C’est la raison, Mr le Directeur, pourquoi j’ai stanzé ce matin !!!

 

                                                                                  « La Prusse »

 

Je vous rassure de suite, si vous venez me rendre visite, vous verrez qu'on ne parle pas toujours de cette manière par ici ... juste quelques mots glissés dans la discussion qui peuvent prêter à sourire.

 

Bon, c'est pas tout, mais ce week-end, j'aurais  bien aimé aller faire un tour dans mon jardin, ramasser des kramias, les mettre dans mon kreya et me faire une bonne salade avec des lardons et des oeufs dedans. Et puis, y'a tout le chni qui s'est accumulé qu'il me faudrait poutzer, faudrait aussi que j'passe un coup de patte à relaver sur les chaises, elles sont vraiment  pleines de crasse ...

 

Ce sera pour une autre fois ... le printemps ne fait que commencer.

Je vous souhaite un tout bon week-end et je vous retrouve très bientôt. 

 

Publié dans Divers

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devezh mat
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Hé ...