Jamais content !

Publié le par processuscroissance.over-blog.com

« L’opposition systématique se donne bien garde de demander quelque chose qu’elle pourrait obtenir, car alors il lui faudrait être contente ; et être contente pour l’opposition, c’est cesser d’être. » (Alphonse Karr)

4 : Lorsque le frein au bonheur se tisse comme une fine dentelle

Est-ce que vous connaissez des personnes qui ne sont jamais contentes ?

Ce n’est pas une race à part.

Je ne crois pas me tromper si je dis qu’il y en a plusieurs dans votre entourage, que celles-ci soient de votre famille, parmi vos collègues et vos voisins.

Quand il s’agit de collègues ou des voisins, ce n’est pas trop grave. Il est possible d’y prêter peu d’attention et de porter son regard ailleurs … mais quand il s’agit d’un membre de notre famille, d’une personne qui nous est proche, c’est grandement plus difficile !

Impression que rien ne peut leur faire plaisir : Le cadeau donné n’est pas celui qu’elle attendait ! Les efforts pour leur donner ce qu’elles disent souhaiter ont tout au plus l’effet d’un caillou jeté sur un lac gelé ! Les félicitations ou les encouragements qui leurs sont promulgués ne font que mettre en lumière leurs insatisfactions ! Essayer de leur montrer une rose, elles vous parlent des épines !

Bref, elles nous entraînent dans une spirale sans se rendre compte que nous essayons de nous plier en quatre pour les rendre heureuses.

 

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Décryptage du profil « jamais content »

Nous vivons une époque extraordinaire. Nous pouvons décider de notre mode de vie, de notre carrière, des personnes que nous voulons fréquenter ou pas, des vêtements que nous aimons porter, des loisirs qui nous font du bien … Autant de choses qui n’étaient pas possibles il y a quelques décennies … mis à part les nantis.

Et dans ce libre choix devant lequel nous pouvons prendre ce qui va nous satisfaire, il existe des personnes qui N’ARRIVENT PAS A CHOISIR, A PRENDRE, A OSER …

Lorsque cela s’étend dans tous les domaines de la vie, alors, nous pourrions parler d’un symptôme chronique.  

Je ne suis pas psychanalyste ou psychologue. Parmi les « jamais content » que je rencontre dans mon travail, j’observe cependant quelques récurrences et ressemblance qui conduisent les personnes à être insatisfaites  quoi qu’elles fassent ou quoi que l’on fasse pour elles.

·         Face à une relation amoureuse : Il y a toujours quelque chose à reprocher – pas assez ceci, trop cela. Lorsqu’elles reçoivent ce qu’elles attendent, ce n’est pas le moment ou c’est trop tard, ou encore c’est le moment qu’elles choisissent pour ne pas s’engager …

·         Face à un choix : Elles ne parviennent pas à se décider, à choisir entre telle ou telle option ce qui les pousse, bien souvent, à renoncer aux éventualités qui se présentent.

·         Face à ce qu’elles réalisent ou réussissent : Soit elles trouvent qu’il y en a d’autres qui réussissent mieux qu’elles … ainsi, plus que de se réjouir et de se valoriser dans leurs talents elles vivent une véritable dévalorisation, soit elles trouvent qu’elles ne sont pas suffisamment considérées pour leurs capacités … tout en faisant ce qui est nécessaire pour ne pas les montrer !

·         Face aux frustrations : Elles culpabilisent leurs proches qui sont incapables de satisfaire aux exigences, qui sont incapables de la satisfaire et qui font tout pour qu’elles n’obtiennent jamais ce qu’elles demandent.  Elles pensent alors qu’elles ont le droit d’exiger que leurs besoins et leurs désirs soient immédiatement comblés.

·         Face aux joies que la vie apporte : Elles ont, bien souvent, quelque raison à se plaindre. C’est peut-être bien, mais si … bref, elles avaient souhaité autre chose, elles auraient été plus comblées si …

·         Face au bonheur des autres : Il y a une réelle difficulté à vivre des événements heureux et à se réjouir du bonheur partagé. Elles entrent alors dans un fonctionnement de destruction. Partager le bonheur des autres serait prendre le risque de voir leur recherche à être heureux disparaître.

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Des pistes utiles pour sortir de l’insatisfaction chronique

  

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Si je rencontre des personnes qui vivent quotidiennement ce sentiment d’insatisfaction, je rencontre également celles qui cherchent comment elles peuvent accompagner et aider à ressentir des moments de bonheur.

Il y a quelque chose que j’ai presque toujours mis en pratique … ET CE N’EST PAS LA BONNE MANIERE … celle de se plier en 4 pour donner des preuves que tout n’est pas si noir. A force de vouloir remonter le moral, on ne fait qu’alimenter le processus de dévalorisation.

Alors, que faire ?

·         Regarder les moments vécus dans la journée où il y avait des raisons d’être satisfaits. Pour la personne qui désire accompagner, ce sera lui permettre de nommer les moments où elle s’est sentie satisfaite de ce qu’elle vivait, même si ce ne sont que de petites choses.

·         Apprendre à regarder les choses positivement, même si cela réveille en soi la peur de perdre quelque chose de précieux. L’accompagnant doit, quand à lui, apprendre à présenter les choses positivement : « Oui, c’est vrai, il y avait beaucoup de bruit dans la salle, pourtant il faut le reconnaître ce qui a été servi était d’excellente qualité et très bon.

·         Se recentrer sur soi et se laisser ressentir ce qui manque pour être plus heureux/se, regarder ensuite comment satisfaire le besoin en se fixant des objectifs réalistes. Accompagner demande de ne pas culpabiliser un peu plus l’autre en essayant de lui faire comprendre qu’il /elle a tout pour être heureux/se, qu’il y en a d’autres qui n’ont rien, etc. Mais accompagner dans la possibilité de nommer les manques et / ou la souffrance vécue à travers le manque.

·         Apprendre à lâcher prise et accepter les moments qui sont plus difficiles.

·         Apprendre à décoder ce qui pousse à entrer dans la spirale du « jamais content » et se donner le droit de se sentir « presque content ».  

A bientôt pour découvrir un autre frein.

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