La différence entre se confier à un/e ami/e et se dire face à un thérapeute

Publié le par Madeleine Moreau

Les résultats peuvent paraître identiques, l’évolution intérieure change

Vous avez, je pense, des personnes qui viennent volontiers vers vous pour se confier, pour vous parler de ce qui va, de ce qui ne va pas dans leur vie.

Vous faites, peut-être, partie de ces personnes qui éprouvent le besoin de confier à quelqu’un qui vous est proche, vos soucis, vos projets.

C’est très humain et très aidant pour avancer dans la vie.

La confiance, l’écoute, le non-jugement sont les condiments essentiels de la communication constructive.

Si vous regardez, ce n’est pas à n’importe qui que vous confiez des bouts de votre vie. Vous le faites envers les personnes en qui vous avez confiance, qui sont capables de vous écouter, qui ne vont pas vous juger. Les personnes qui viennent vers vous perçoivent que vous pouvez vivre ces attitudes.

Jusque là, il n’y a aucune différence entre « se confier et se dire ». Les condiments essentiels sont présents.

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Face à un thérapeute, un médecin, vous devez également avoir confiance en lui, en elle. Vous avez besoin de sentir que c’est un professionnel qui est à l’écoute, apte à ne pas vous juger, prêt à accueillir vos [maux], capable de bienveillance et de patience face à vos balbutiementset qui sait mettre une frontière entre sa vie personnelle et la vôtre.  Ce sont d’autres condiments qui vont permettre une évolution intérieure, des condiments que l’on n’attend pas forcément d’un ami, d’une amie.

 

Se confier … se dire …

 

A première vue, il n’y a pas vraiment de différence.

Dans les 2 cas, vous ressentez le besoin de partager, de dire ce qui ne va pas – ou de parler de vos projets, des questions que vous vous posez, de votre vie pour mieux comprendre ce que vous vivez.

Dans le 1er cas, vous ne cherchez pas forcément à évoluer intérieurement, mais à vous sentir mieux, à avoir plus de confiance en vous, à vous sentir reconnu/e dans ce que vous vivez …

C’est constructif, c’est très bon pour vous.

C’est mieux que de tout garder en soi et de se couper de ses liens qui peuvent vous aider à grandir.

Dans le 2ème cas, vous cherchez à évoluer intérieurement, à vous sentir mieux, à avoir plus de confiance en vous, à vous sentir reconnu/e dans ce que vous vivez.

La différence se trouve dans la formulation : Vous ne cherchez pas forcément … – Vous cherchez …  

Lorsque vous vous confiez, c’est-à-dire, lorsque vous avez besoin d’alléger le trop plein en vous, vous n’attendez pas que la relation tourne en une forme de thérapie, que votre ami/e se change en psy.

Vous attendez son écoute, son accueil. Vous éprouvez le besoin de lui partager, de lui confier un peu de votre vie, de votre situation. Vous n’avez pas vraiment besoin qu’il/elle vous comprenne, mais qu’elle connaisse ce que vous vivez.

Lorsque vous vous dites, c’est-à-dire, lorsque vous prenez en compte : ce que vous vivez, ce que vous ressentez, c’est un peu comme si vous vous déshabilliez intérieurement. Cela est, généralement, plus difficile à vivre dans une relation d’amitié.

Vous ne pouvez le faire vraiment, que si la personne n’est pas trop proche, s’il y a, entre vous et elle, une distance, une frontière.

Vous parlez de vous dans un but thérapeutique. Vous avez besoin de vous sentir accueilli/e dans et le comment vous vivez.

Vous entrez alors dans une relation différente. Votre coach de vie, votre psychologue est un professionnel, vous êtes son client, sa cliente.

Même si vous allez lui dire exactement ce que vous avez confié à une personne proche, ce qui se produira alors en vous, sera différent.

 

Se confier ne conduit pas toujours à devenir responsable de sa vie … Se dire devrait vous conduire sur le chemin où vous deviendrez responsable de votre vie …

 

Il arrive souvent que des clients/es me disent : « Mais ça, j’en ai déjà souvent parlé à mon mari, à ma femme, à mon amie … et ça ne change rien en la situation ! » … « J’ai parlé de ça avec mon meilleur ami, il m’a dit la même chose que vous, et ça ne va pas mieux ! »

Je perçois alors que mes clients/es sont dans le mouvement où elles se confient. Elles ne se disent pas encore. Elles attendent de moi que je quittance leur vie, que je leur donne une recette pour changer leur vie.

Autrement dit : elles se vivent « victime » d’une situation et attendent de moi que je vienne les « sauver ». Si je n’y arrive pas, je deviendrais, à leurs yeux, « non compétente ».

Elles ne perçoivent pas qu’elles doivent accepter de devenir responsable de leur vie.

Mon travail consiste alors à les aider à se dire, pas seulement se confier.

Lorsque le pas est franchi, c’est-à-dire, à partir du moment où elles se disent, où elles se « déshabillent » intérieurement pour me dire ce qu’elles vivent, ce qu’elles ressentent, le déclic se produit … à l’horizon commence de se dessiner le moment où elles prendront conscience qu’elles sont responsables de leur vie. 

 

En conclusion

 

Il y a une différence entre se confier et se dire.

Se confier consiste à s’alléger de ce qui devient lourd. Se dire consiste à parler de soi et de son ressenti intérieur, tel qu’il est, sans emballage, sans retenir ce qui monte en soi.

Se confier permet de continuer d’avancer sur le chemin de sa vie en ne se sentant pas seul/e. Se dire permet d’avancer sur le chemin de sa vie en devenant responsable de sa vie.

Prochainement je vous proposerai un outil pour vous aider à mieux ressentir cette différence.

Je vous souhaite une belle et bonne journée, à bientôt.


 

 

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