La sagesse vient en vieillissant !

Publié le par Madeleine Moreau

Quelques minutes pour y penser

Cet article fait suite à un commentaire reçu l’autre jour : « la sagesse des aînés, certains l'ont peu à peu développée au cours de leur vie, sans "savoir", mais par leur expérience de vie et leur sens d'observation de leur quotidien et de ce qui se vivait à leur temps. Je pense que le rôle des grands-parents bienveillants n'est pas à négliger dans la vie d’aujourd’hui, sans devoir être d'accord forcément avec eux en tout. »

Vous connaissez ce proverbe : La sagesse vient en vieillissant !

C’est ben vrai ça ! Même si nous n’y pensons pas toujours.

Alors, pour illustrer mon propos, quoi de mieux que de vous livrer ces quelques témoignages :

Un soir, cet été, nous prenions l’apéro devant la maison d’un de nos voisins.

Arrive un jeune adulte. Il semblait assez pressé. Notre voisin l’interpelle : « Tu as le temps de boire un verre ? » - « Non, pas vraiment le temps, et puis, je suis en « pétard », il y a des cons qui devraient rester couchés plutôt que nous emmerder … »

Le dialogue s’installe.

Nous sommes alors spectateurs de quelque chose d’extraordinaire. En quelques minutes, notre voisin parvient à illuminer le visage de ce jeune adulte, d’une manière, sommes toute, très cordiale : « Je comprends … mais est-ce le bon moyen de te mettre dans une telle colère ? Toi, tu sais ce que tu vaux, eux ne te connaissent pas … Regarde ce que tu peux faire de ton envie, fais ton chemin, poursuis ta route … Bon, tu n’as pas eu ce que tu aurais voulu, mais est-ce que la vie s’arrête là maintenant ? … je suis certain que, si tu le veux vraiment, tu arriveras là où tu veux aller …

La sagesse, c’est cela. Non pas jeter de la poudre aux yeux, offrir de l’illusion, faire croire à des choses impossibles, mais simplement réussir à rejoindre l’autre.

Notre voisin savait de quoi il parlait. Des expériences négatives, il en a vécu. Celles-ci lui ont appris à ne jamais désespérer, mais, au contraire, à continuer de croire que ce qui lui semblait interdit ou sans issue, un jour, pourrait se réaliser … et puis, si ça ne se réalisait, autre chose se présenterait.

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Il y a aussi Ephrem. Au moment de sa 100ème année, on lui a demandé s’il acceptait de parler de sa passion. (Il va fêter ses 104 ans prochainement)

Ephrem était horloger. Pas un horloger comme les autres. Il aimait réparer les horloges.

Il faut dire qu’il y a 70 ans, on ne se contentait pas d’assembler les pièces. Non, il fallait les tailler, les façonner, c’était à chaque fois une pièce unique.

Tout d’abord, il a refusé l’invitation. Qu’est-ce qu’un vieux comme lui pourrait bien dire ? Puis, il a accepté en disant : « Si cela peut aider un jeune à se passionner pour ce métier, alors je veux bien vous aider ! »

Il a accepté, non pas pour qu’on parle de lui, mais parce qu’il s’est dit que sa passion pourrait se transmettre à la nouvelle génération.

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Elle avait 88 ans lorsque le médecin lui a annoncé qu’elle avait un cancer généralisé.

Devant son air attristé, elle lui a demandé : « Docteur, vous avez quel âge ? » - « 46 » - « Alors, soyez heureux de m’annoncer que j’arrive au bout de ma vie, soyez attristé lorsque vous annoncez la même chose à un enfant ! »

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Hospitalisée depuis plusieurs années, son bonheur était de contempler les mésanges qui venaient sur le balcon.

Alors que nous lui demandions comment elle faisait pour avoir toujours le sourire, pour rester optimiste face à la vie, elle nous a répondu : « Vous voyez ces mésanges ? Tous les jours elles m’apportent la musique de la vie et elles me permettent de dire merci pour tout ce que j’ai vécu ! »

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Le point commun de tous les « sages » que j’ai rencontré

Ils sont nombreux les « sages » que j’ai côtoyé dans ma vie. Ce sont des hommes, des femmes, qui n’ont pas de grands discours à faire, qui n’essaient pas de « redresser » les choses, qui ne passent pas leur temps à pleurer sur leur jeunesse disparue.

Le point commun de chacun, chacune, c’est cette faculté à regarder la vie sans y ajouter un filtre.

Leur vie, ils l’ont vécue. Elle a été ce qu’elle a été. Il leur reste quelques années, quelques mois à vivre. Ce n’est pas une raison pour épandre des jérémiades, mais pour laisser à ceux qu’ils croisent quelques semences d’espérance.

Faut-il attendre d’avoir 80 ans pour entrer dans la sagesse ?

Que ce serait triste !

Personnellement, je veux croire qu’il y a en nous quelques gouttes de sagesse qui nous sont données à chaque fois que nous traversons une épreuve, une difficulté.

Quelques gouttes qui nous sont données à chaque fois que nous « sublimons » la vie plus que nos expériences.

Et, puisque le commentaire parle également des grands-parents, il m’est aisé de faire le lien sur ce qu’est la sagesse.

Si vous êtes grands-parents, vous avez été, au préalable parents. C’est logique !

Est-ce que vous regardez vos petits-enfants comme vous avez regardé vos enfants ? Je suis, pour ainsi dire, certaine, que votre réponse est : non.

Il y a quelque chose de différent.

Parent, vous avez bénéficié de l’expérience de vos parents, de vos grands-parents. Bien sûr, tout n’était pas parfait, mais vous avez appris à devenir parent parce qu’ils l’avaient été avant vous.

Maintenant, vous êtes grands-parents … vos enfants s’appuient sur ce que vous leur avez donné, vos petits-enfants trouvent en vous d’autres repères, font des liens avec ce que papa, maman, leur permette et ce que vous leur permettez.

Si dans votre place de grands-parents vous leur donnez les graines de sagesse (celles qui sont succinctement décrites sous les images ci-dessus), vous faites déjà partie des « sages ».

Si vous n’êtes pas grands-parents mais que vous êtes à un âge où vous pourriez l’être, la même alchimie peut se produire en vous à chaque fois que vous êtes en contact avec un vis-à-vis.

La sagesse, c’est alors, tout simplement, se faire résonnance de la merveilleuse musique que la vie vous donne.

Ne trouvez-vous pas, à la fin de votre lecture, que vieillir en fin de compte, est une chose merveilleuse qui vous attend ?

Je vous souhaite un excellent week-end.

Je vous retrouve dans une dizaine de jours. Hé oui, la semaine prochaine je vais essayer d’aller cueillir quelques graines de sagesse loin de mon ordinateur.

A bientôt.


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