Dire OUI quand ça ne vous arrange pas c’est vous refuser à dire NON

Publié le par processuscroissance--blog.com

 

Christine attendait ce jour avec impatience. Après plusieurs jours de travail et de garde elle allait pouvoir profiter pleinement de sa journée.  

 Il est 7h30. Une heure bien plus tardive que d’habitude. Elle se lève  généralement à 5h30

Elle s’étire dans tout son corps. Des doigts aux orteils. Un étirement long qui lui procure un chatouillement exquis dans toute sa colonne vertébrale. Elle sourit en pensant à son chat qui à l’habitude de s’étirer avant de partir à la chasse. 

 Elle pense à tout ce qu’elle va faire durant la journée.  
 

« Tout d’abord, une bonne douche. Puis, le petit-déjeuner sur la terrasse. »
 

Le soleil filtre   par les interstices de ses volets.

 « Après, elle va partir au bord du lac. Une journée pour enfin prendre le bateau, se rendre sur l’île. 

On lui a dit que le restaurant faisait des filets de perche extraordinaires. Elle s’y arrêtera pour dîner.  

Au retour, elle va profiter de se rendre dans une petite boutique qui propose de superbes robes de 2ème main pour 3x rien. »

C’est le cœur tout guilleret de son programme établi qu’elle pose le pied sur le tapis de sa chambre.

Il est déjà 8h00. Vite, elle ne va pas quand même pas grignoter ces précieuses heures.
 

  

DRINGGGGGGGGG ….

 

Zut, le téléphone …

« Allo, Christine ? »
« C’est Juliette, tu vas bien ? »
« Oui, super, et toi ? »
« Moi, bof, ça pourrait aller mieux. Dis-donc, je crois me souvenir que c’est ton jour de congé. J’ai envie de me changer les idées. Je voulais te proposer de me rejoindre et nous pourrions en profiter pour papoter. A midi je fais simplement une salade, ça t’irait ? »

Un long moment de silence. Christine sent une boule dans son plexus. Sa respiration s’accélère.

 

« Tu es encore là ? »

« Oui, bien sûr. Je réfléchissais. Ça te ferait plaisir ? Ok, pas de problème pour moi, j’arrive vers 10h30. »

« Super, j’avais peur que tu aies prévu autre chose dans ta journée »
« Non, non, t’inquiète pas. A tout à l’heure. »


8h30 sous la douche. Christine laisse le trop plein sortir …

« Adieu veau, vache, couvée … M’emmerde Juliette … Bon, j’pouvais pas la laisser tomber, si j’peux l’aider à aller mieux … mais quand même, elle aurait pu choisir un autre jour ! »

 

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Quand le oui l’emporte sur le non …

 

Hé oui, ne sommes-nous pas souvent comme Christine dans notre vie ?

Je ne sais pas pour vous, mais c’est un deuxième prénom que je pourrais aisément porter.

Je fais des projets, je me dis que … je prévois de m’accorder un peu de temps pour moi et les sollicitations arrivent … je réponds oui sans m’attarder au non qui monte naturellement à mes lèvres. 

Ça fait tellement de bien d’entendre : « Tu es chouette, on peut toujours compter sur toi ? »
Du bien également de se dire que l’on sert à quelque chose, que l’on est apprécier, que l’on sait donner … et tant d’autres reconnaissances !

Ce bien que l’on reçoit à cependant ses limites … à force de dire oui à toutes les sollicitations, ne finissons-nous pas par ressentir que les autres viennent paître sur notre territoire ? Qu’ils deviennent envahissants ? Qu’ils profitent de notre bonté ?

Nous commençons alors à maugréer … face aux autres … face à nous-même.

  • Sentiment de perdre du temps, de ne pas avoir de temps pour nous, de ne pas réussir à profiter de ce que l’on aurait aimé faire …
  • Sentiment de ne pas réussir à nous affirmer …
  • Sentiment d’être abusé par les besoins de l’autre sans percevoir que nous nous mettons au centre de leurs demandes … 
  • Sentiment de ne plus réussir à préserver notre vie intime puisqu’il y a toujours une personne qui a besoin de nous à tout moment …

 

Derrière le oui la peur de dire non

  • Pourquoi avons-nous si peur de dire non ? Soyons logiques, si nous disons oui à toutes les demandes qui nous sont faites, c’est que nous avons peur de dire non !
  • Se sentir aimé/e, apprécié/e ?
  • Eviter la confrontation ?
  • Ne pas passer pour un/e égoïste ?
  • Reproduire sans cesse ce que nous avons appris dans notre éducation ?
  • Paraître sympathique ?
  • Préserver une bonne image face à l’autre ?
  • Ne pas faire de peine ?
  • Penser que si je dis oui l’autre ne me dira pas non quand je lui demanderais quelque chose ?
  • Croire qu’en étant le « St-Bernard » on va éviter à l’autre de se sentir abandonné ? ok-copie-1.jpg

De bonnes raisons, il y en a des centaines …

Nous ne récoltons pas toujours ce que nous avons semé ! Vous connaissez le proverbe : « Tu récoltes ce que tu sèmes … »

Or, ce n'est pas toujours les graines que nous pensons avoir qui germent .... Du moins dans la problématique que nous visitons aujourd’hui.

Si les bonnes raisons que nous nous donnons lorsque nous disons oui alors que tout nous pousse à refuser, ce sont des graines inverses que nous semons. 

  • Nous ne sommes pas mieux ou plus aimé/e, apprécié/e parce que nous disons oui aux besoins, aux demandes de l’autre.

En fait, nous permettons à l’autre de devenir dépendant de notre bonté, de notre serviabilité, de notre disponibilité.
Nous lui refusons, d’une certaine manière, le droit de faire appel à d’autres ressources, d’autres solutions.
Résultat : Un jour où l’autre il pourrait bien nous reprocher d’avoir toujours été là pour lui rendre service et de ne pas l’avoir permis de s’affirmer. 

 

  • Nous ne pourrons pas toujours éviter la confrontation.


Il y aura un jour, un moment où pour une raison importante nous ne pourrons pas répondre favorablement à la demande, au besoin.

Résultat : L’autre a tellement l’habitude de notre oui qu’il ne pourra pas entendre notre non. Du coup, il se comportera comme une personne qui est fâchée contre nous. « Le coup de gueule » manifesté risque de nous mettre à notre tour dans une mauvaise posture. 

 

  • Nous parviendrons d’une manière ou d’une autre à reprocher à l’autre de se faire si insistant dans ses besoins et de ne jamais penser à vos propres besoins.

A force de donner de notre temps, à force d’être disponible, à force de venir en aide, nous finissons par nous vider de nos énergies.

Ce qui au départ nous était facile, voir naturel risque fort de devenir une difficulté.

Résultats : Nous accuserons l’autre d’avoir toujours besoin de nous, de ne pas savoir se débrouiller.

Nous chercherons à prendre de la distance … de réagir négativement lorsque nous voyons que c’est son numéro qui s’affiche dans les appels entrants …

Nous risquons d’inventer des urgences pour éviter de répondre non … l’urgence factice sera notre paravent … et la relation s’en ressentira un jour ou l’autre.

 

  • Nous ne recevrons pas forcément un oui lorsque viendra notre tour de demander quelque chose

Ce n’est pas parce que nous avons pris l’habitude de venir en aide à tout  bout ‘champ que l’autre va agir de la même manière pour nous !

Résultats : Nous risquons de « tomber de haut », de penser que nous ne sommes pas importants.

Notre image ou celle que nous voulions donner risque d’en prendre pour son grade.

Il y a des chances pour que nous rebellions à la prochaine demande de sa part sans regarder si elle est justifiée ou pas et le non que nous prononcerons alors ne sera pas posé dans le respect de ce que nous voulons mais comme une punition que nous infligeons à l’autre.

 

Apprendre à dire non lorsque l’habitude du oui l’emporte

 

C’est tout un apprentissage que d’apprendre à oser dire non.

Revenons à Christine, notre héroïne du début. Qu’aurait-elle « gagné » si elle avait osé dire non à Juliette ?

 

  • En lui disant le pourquoi elle disait non à son invitation, Juliette aurait pu comprendre et ne pas lui en vouloir. Il est bien possible que l’authenticité de Christine lui permette de conscientiser qu’elle était demandeuse et qu’elle profitait des moments libres de son amie pour remplir ses besoins. 
  • En ne refoulant pas le non qui montait à ses lèvres, elle aurait entretenu toute la joie ressentie à son réveil. 
  • Elle se serait vitalisée dans cette journée au bord du lac, aurait rechargé ses batteries, pris du temps pour elle. 
  • Elle se serait sentie en adéquation avec son besoin du jour. 
  • Elle aurait pu ressentir dans son affirmation un espace de liberté.
  •  …

 Les pistes pour apprendre à dire non

 

  • Qu’avez-vous à gagner en disant non ?
  • Que risquez-vous de perdre ? Est-ce bien réel ?
  • Qu’allez-vous permettre à l’autre en lui disant non ?

Je vous souhaite de vivre un apprentissage fructueux pour changer vos OUI « habitudes » en NON « vérités »


 

 

Bon début de semaine et à bientôt.

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Commenter cet article

fred 08/01/2020 02:32

c'est de la merde j'ai perdu mon temps