Le nez dans les livres

Publié le par Madeleine Moreau

Un voyage qui réserve bien des surprises

Il y a quelques jours, j’ai accepté de donner un coup de main lors du grand marché aux puces organisé par la paroisse.

C’est dans le secteur des livres que j’ai été conduite.

Des centaines de livres qu’il a fallu, au préalable, trier par genres littéraires.

Une table pour les livres « enfants », une autre pour les livres « cuisine », une autre pour les « encyclopédies », une autre pour la  « géographie », une autre encore pour la « faune », la « flore », sans oublier toutes les tables qui regroupaient les « romans », etc. …

Des centaines de livres et, un poids considérable à déplacer.

 

carton de livres 

A croire que tous les habitants de la ville avaient profité de ce début d’automne pour vider leur bibliothèque.

Bien sûr, je connais le salon du livre qui se déroule chaque année à Genève. Cependant, je n’ai jamais eu le sentiment qui m’a habité durant tout le marché aux puces.

J’aime bien fouiller dans les cartons au moment de la foire du livre qui se déroule dans ma ville le premier week-end de septembre, à la recherche du livre que je ne pourrais pas trouver en librairie, ou, de celui qui attire mon regard, ne serait-ce que par son titre.

Là, sans doute parce qu’il a fallu trier, déplacer, déposer, j’ai ressenti un sentiment merveilleux, celui d’être en contact direct avec le monde de l’écriture.

Nous étions 4 vendeur/ses, attirés par des centres d’intérêts différents.  

François aime les ouvrages qui parlent de la photographie, de la technologie.

Anne-Marie aime les biographies, les histoires vécues.

Evelyne n’a pas de domaines précis, elle se laisse attirer par la recherche des clients. Ayant une excellente mémoire, elle pouvait ainsi, guider facilement  les personnes vers ce qui correspondait à leurs recherches.

Moi, j’ai une attirance pour les livres d’enfants, pour les atlas, le bricolage, les livres anciens, le « savoir  vivre ».

Des livres pour créer des liens entre notre présent et le passé

Il me semble que c’est la 1ère fois que je perçois à quel point les livres, sont en fait, des liens qui se créent pour rendre visible notre évolution.

Je vous donne juste un exemple :

Il y avait des ouvrages sur la famille et l’éducation. Ecrits en 1940, 1970, 1990, ils parlent tous du même sujet. Mais quelle évolution de l’un à l’autre, je devrais dire, d’une génération à l’autre.

En 1940, on parle de l’enfant « infirme », qu’il faut protéger, ne pas montrer, qui est un « malade » à vie. En 1970, on parle de l’enfant « handicapé », avec des différences notoires : celui qui est atteint physiquement, celui qui est atteint psychiquement et si l’accompagnement est différent, celui-ci est encore un être à part de la société. En 1990, on parle de l’enfant « limité physiquement ou psychiquement » qui a besoin d’être en contact avec des enfants « normaux ».

Vous voyez l’évolution ?

Et, il en est de même, en ce qui concerne : la santé, la cuisine,  l’art ou le savoir-vivre en société, les règles de vie, les mœurs, la religion  

Il en est de même, également, dans la manière de présenter les choses de la vie, que ce soit par le biais de la flore, de la faune, des peuples …

Il en est de même, dans la manière d’écrire, de révéler une partie de vie, de transmettre un savoir …

C’est plus frappant encore en ce qui concerne la technologie, les métiers, l’agriculture …

Des liens entre notre présent et notre passé

Il nous semble, parfois, tout à fait justifié de revendiquer tout ce qui ne va pas dans notre monde, de demander plus de justice, plus de liberté, plus d’accès au droit de parole …

Mais, nous le savons bien, Rome ne s’est pas construit en un jour !

Ce que nous avons aujourd’hui, ce que nous produisons aujourd’hui, n’est, en fait, qu’une lente évolution de notre humanité.

Mettre le nez dans le processus de cette évolution, dans ces livres qui nous permettent de confronter notre réalité à celle de nos grands-parents, voir la génération d’avant, ne peut que nous repositionner dans notre évolution personnelle.

Et dire que mon grand-père devait creuser ses sabots pour aller travailler aux champs sans se couper les pieds en fauchant...

Les livres nous permettent de ne pas oublier ce qui a été.

Faire le lien, ou : apprendre à faire des liens

C’est également ce que nous recherchons lorsque nous travaillons à notre histoire personnelle, lorsque nous nous penchons sur nos origines.

Le problème, qui apparaît souvent, c’est que nous restons sur ce que nous avons aujourd’hui, sur ce que nous croyons savoir.

C’est un peu comme si, il y a 40 ans, 50 ans, ceux qui nous ont précédés, vivaient comme nous vivons aujourd’hui.

Mais, il y a 40 ans, 50 ans, le développement personnel n’était pas inscrit dans l’évolution de l’être humain.

Tant de choses n’étaient pas vécues de la même manière. Les réalités entre hommes et femmes étaient différentes. Les principes étaient différents. La vie sociale était différente.

Si nous arrivions, ne serait-ce qu’un petit peu, à découvrir pourquoi papa ou maman étaient si intransigeant, pourquoi nos étions punis injustement, pourquoi ils ne nous encourageaient pas dans nos expériences, nous prendrions conscience, qu’ils ne le pouvaient pas, tout simplement. Ils ne le pouvaient pas, parce que, justement, ils n’avaient pas la connaissance que nous avons aujourd’hui.

Cette prise de conscience n’enlève rien au fait que nous avons été « bridés » dans notre évolution, au fait que nous nous portons des blessures qui demandent à cicatriser.

Mais, lorsque nous écrivons notre histoire, nous donnons à la génération future, des clés pour comprendre notre évolution et entrer dans leur évolution. 

Qu’en pensez-vous ?

Je vous souhaite une bonne semaine.  


 

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Mira 09/10/2013 08:21


oui, nos parents n'avaient pas la connaissance que nous avons aujourd'hui, et je suis tout a fait d'accord qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu, à leur manière,aussi que nous étions punis
injustement,bridés dans notre éducation etc, mais il y a aussi un autre sujet, la sagesse des aînées, certains l'ont peu à peu dévéloppé au cours de leur vie, sans "savoir",mais par leur
expérience de vie et leur sens d'observation de leur quotidien et de ce qui se vivait à leur temps. je pense que le rôle des grand-parents bienveillants n'est pas à negliger dans la vie d'
aujourd'hui, sans devoir être d'accord forcément avec eux en tout.

Madeleine Moreau 09/10/2013 09:47



Bonjour Mira,


Oui, un autre sujet : la sagesse des aînés. Merci de me donner cette direction, elle sera une suite très logique à la suite des articles de cette semaine.


Tout belle journée à toi.


Madeleine