Les jeunes, ils ne lisent plus, ils ne savent plus écrire

Publié le par Madeleine Moreau

Un jugement qui est basé uniquement sur notre perception

Je reviens rapidement sur l’expérience vécue lors du marché aux puces.

Depuis 3 ans, toute une série de la bibliothèque rose et verte retrouvait sa place sur une table réservée aux lectures pour adolescents.

Des souvenirs pour la majorité des « fouineurs » qui sont venus.

Combien de fois ai-je entendu cette remarque : « Les jeunes, ils lisent plus, ils ne savent plus écrire, ils s’intéressent plus à rien ! »

Un jugement basé uniquement sur notre perception, sur ce que l’on croit être une majorité.

« Les jeunes n’écrivent plus »

« Ils ne connaissent rien de la grammaire »

« Ils écrivent n’importe comment »

Vous avez déjà, sans doute, entendu ce genre de remarques.

C’est vrai, l’apprentissage à l’école ne ressemble en rien à celui que nous avons eu, il y a 30 ans, 40 ans … la preuve nous est distillée par une chaîne française qui diffuse depuis 2 semaines une téléréalité : « Retour au pensionnat ».

Des souvenirs pour certains, un cauchemar pour d’autres … qu’importe, c’était le temps où nous apprenions à lire et à écrire.

Pas de tablette, pas de calculatrice … mais une tête pour penser et pour retenir … ce que bon nombre d’entre nous ont oublié !

Et, puisque la rentrée des classes n’est pas si lointaine,  le sujet est encore d’actualité.

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Je le reconnais, je ne suis pas en reste pour alimenter ce genre de discussion, surtout après avoir passé une journée avec des gymnasiens en difficulté d’études.

En prenant un peu de recul, et en pensant à ma manière de juger ces jeunes, je peux me rendre compte, que je suis, moi aussi, très négative dans ma manière de parler d’eux … et je n’apporte aucune solution.

Pourquoi ? Tout simplement parce que, je reste dans un système que j’ai connu, un système que mes enfants ont également connu, et, sans en avoir vraiment conscience, je rêve que mes petits-enfants connaissent le même système !

Flagrant délit d’un enfermement sur ce qui a été, sans ouverture à l’évolution que vivent les jeunes d’aujourd’hui.

Ce jugement, purement gratuit, une professeur de l’université de Stanford le balaie énergiquement.  Si le cœur vous en dit, je vous invite à aller lire un article de presse, ici : http://www.wired.com/techbiz/people/magazine/17-09/st_thompson

Il est en anglais, mais aujourd’hui, il est tellement simple de demander que la page soit traduite, que ce serait dommage que vous vous en priviez.

Succinctement, voici ce qu’elle dit :

Revenez 20 ans en arrière. Qui écrivait ? Il y avait les journalistes, les professeurs, les écrivains, quelques professions … et … nous – à l’occasion des fêtes de fin d’année, d’un anniversaire, d’une demande d’emploi (et encore !) – mais à bien y réfléchir, une fois les bancs de l’école derrière nous, reconnaissez-le, écriviez-vous beaucoup ?

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Toute notre communication se fait par l’écrit. Combien de courriels avez-vous quotidiennement dans votre messagerie ?

Tout passe par les mots, écrits noirs sur blanc, ou blanc sur noir …

Pour chercher une information, nous ne mettons pas en route le souvenir de ce que nous avons appris, non, nous tapons des mots de recherche sur Google !

Et, sans la technologie, croyez-moi, jamais vous ne liriez ces lignes, parce que, tout d’abord, aujourd’hui je peux écrire directement sur un clavier, corriger les fautes (lorsque je les vois), reformuler mes phrases, mettre en forme et garder des traces de mon travail simplement dans un fichier. Ensuite, il me suffit de mettre en ligne.

Vous êtes là, sur cette page. Sans cette technologie, je ne sais pas comment  j’aurais fait pour vous les faire parvenir.

Ainsi, nos jeunes, par le biais de leurs messageries, de leurs téléphones portables, de leurs pages Facebook, Twitter, de leurs blogs, écrivent bien plus que nous à leur âge.

Ils écrivent à des centaines d’amis, et cela les motive. Ils écrivent pour que leurs mots soient lus dans le monde entier, dès qu’ils sont mis en ligne.

Ils écrivent pour être compris de leur public, pas pour faire de la prose ou de belles phrases dans une grammaire impeccable. Ils se découvrent une nouvelle écriture, une nouvelle manière de dire ce qui leur tient à cœur.

Nous nous trouvons face à une nouvelle génération, ayant son expression propre, une manière de communiquer différente.

De quoi nous bousculer dans ce qui nourrit une croyance qui se généralise dans bien des domaines

Aux puces, nous avons vendu zéro livre de la collection rose ou verte. Ceux-ci ont terminé leur vie dans le conteneur récoltant le « vieux papier ».

Non … ne criez pas au scandale, ne dites pas que ces livres auraient pu servir dans des pays sous-développés ou dans des institutions.

Il faut se rendre à une autre réalité, il faut entrer dans ce qui est en évolution.

Entre nous, j’ai vendu des dizaines de livres destinés aux 1 à 6 ans (sourire sans commentaires)

L’évolution, c’est : des jeunes, même ceux qui ont de grandes difficultés à apprendre à lire et à écrire à l’école, vont régulièrement lire des blogs qui parlent leurs langages, ils réagissent, ils mettent des commentaires, ils partagent des liens … Ils lisent et ils écrivent.

Ils envoient des centaines de sms, ok, dans le langage sms, avec plein de fautes d’orthographe, mais ils mettent des mots sur ce qu’ils ressentent, sur leurs coups de gueule, sur leurs joies.

Leur connaissance en grammaire, en orthographe n’est peut-être pas parfaite … mais ils aiment communiquer par l’écriture.

Ils parviennent, à dépasser plus rapidement les normes imposées depuis des générations.

Essayez de penser juste à ceci : Comment s’est fait l’évolution du passage du vieux français au français moderne ? Combien a-t-il fallu de générations pour que celui-ci devienne la norme ?

Et, autour de vous, combien de personnes qui lisent, écrivent de temps en temps, ont une maîtrise de la technologie informatique ?  Combien osent communiquer par les mots sur la toile ?

Le lien avec le développement personnel

Il peut vous sembler que ce sujet est très … très …. éloigné du développement personnel.

Pas si éloigné, en fait, en plein dedans.

Le développement personnel, c’est : poursuivre son évolution, apprendre à jouer les nouvelles partitions qui nous sont données par la vie, nous mettre au diapason des vibrations de l’Univers.

Ce n’est pas : rester cloisonner dans nos schémas mais nous ouvrir à la vie.

C’est apprendre à accéder à une prise de recul pour percevoir un ensemble, pour comprendre le changement.

Le développement personnel est réellement une clé pour ne plus être « dépassé » par ce qui se passe autour de nous, pour nous adapter à une manière de concevoir les choses, d’évoluer jour après jour.  

Je vous souhaite une excellente journée. A bientôt.

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Madeleine Moreau 02/07/2014 20:09

Bonjour Linou,

Bravo pour ton commentaire qui apporte un plus à l'article.
Ton témoignage est précieux et permet de faire tomber bien des préjugés.
Que la lecture soit toujours, pour toi, un moyen de t'ouvrir au monde.
Bonne journée
Madeleine

Linou 02/07/2014 19:32

C'est bien vrai. En revanche, on n'écrit pas tous en sms avec beaucoup de "photes" d’orthographe, nous avons, certes, un langage commun à la jeunesse actuelle, mais nous ne sommes pas tous à écrire : slt, tu fais koi ojourdhui?"
Personnellement, je préférerai toujours lire un bon livre jaunit qui traîne par-ci par-là qu'un texte sur l'ordi... et beaucoup de mes amis pensent de même!

L'avis d'une ado de quinze ans qui adore écrire (et lire).