Les préjugés : un mot pour des maux

Publié le par processuscroissance.over-blog.com

Avez-vous des idées préconçues ?

Question embarrassante au plus haut point. Qui n’en a pas ? Elles font tellement parties de notre quotidien que nous ne nous y arrêtons pas. Cependant, elles se frayent un passage dans nos pensées et renforcent nos convictions les plus vives.

Quelques réactions qui peuvent vous mettre sur la piste des idées préconçues qui peuvent vous habiter :

« Qu’est-ce que tu penses des politiciens ? »

« A ton avis, penses-tu que c’est une bonne chose d’accueillir tous ces étrangers ? »

« Tu verras, avec le réchauffement climatique, il y aura encore plus de catastrophes, plus de victimes, plus d’épidémies meurtrières … »

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Nous avons un certains nombre d’idées reçues, d’opinions toutes faites qui nous font réagir dans notre rapport aux autres et au monde. Nous avons tous des préjugés que nous nommons aussi : stéréotypes, clichés. …

En fait, ce sont des croyances acquises dans notre éducation, l’environnement dans lequel nous avons grandit, les milieux que nous avons fréquenté.

Sans en avoir conscience, elles organisent notre conduite et notre communication entre les groupes sociaux. « On se reconnaît ou pas, on s’accepte ou on se rejette, c’est de l’ordre du correct ou de l’incorrect. »

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S’accrocher à une croyance, alimenter le préjugé qui s’y rapporte joue un rôle important dans les phénomènes sociaux.

Les fonctions sont multiples. Elles permettent par exemple :

·         de maîtriser psychiquement l’insécurité et toute sorte de menaces qui peuvent survenir,

·         de se défendre de l’angoisse que peut occasionner certaines situations de vie,

·         de se procurer une certaine sécurité dans l’action : moi je peux, moi je suis plus intelligent, moi j’ai les capacités pour …,

·         de rendre à peu près compréhensible ce qui est incompréhensible,

·         de se défendre face à certaines réalités, il suffit de penser à l’insécurité qui règne dans plusieurs pays et qui est liée à la crise,

·         de se rassurer quant à sa propre valeur sociale,

·         de se sentir en sécurité face à l’agressivité qui augmente autour de soi.

Chacun se défend comme il le peut pour garder son territoire dans la neutralité et la paix, pour le préserver de toute intrusion qui changerait sa manière de penser, de réfléchir, de vivre.

Donc, ce n’est pas une mauvaise chose que d’avoir ses propres croyances, de nourrir ses préjugés ! Pas une mauvaise chose tant qu’ils ne nous enferment pas hermétiquement dans une bulle nous isolant des autres.

Une manière de mettre fin à un préjugé est de le reconnaître pour ce qu’il est.

Il y a plusieurs années j’ai eu l’opportunité de me rendre en Afrique. Autour de moi il y avait deux groupes qui réagissaient différemment.

Le premier était constitué de personnes qui avaient travaillé dans des organismes humanitaires. Elles connaissaient le continent,  la population, les conditions de vie, l’histoire. Elles m’ont offert pour mon voyage le cadeau de la confiance, emballé avec le tissu de la curiosité, de l’accueil, de la découverte.

Le deuxième était constitué de personnes qui n’avaient jamais été en Afrique et qui craignaient pour ma sécurité, pour ma santé. Elles m’ont offert pour mon voyage un magnifique cadeau composé de mises en garde homéopathique, emballé hermétiquement grâce à leurs peurs ancestrales, à leur méconnaissance de la différence, à leurs croyances issues de leurs éducations.

Je suis donc partie avec dans mes bagages ces deux cadeaux. Les premiers jours, c’est le cadeau des mises en garde que j’ai ouvert. Il fallait que je fasse attention, il fallait que je me méfie, il fallait que je ne me mette pas en danger, il fallait que je sois très prudente, etc. …

Au début de la 2ème semaine et jusqu’à la fin de mon séjour, j’ai ouvert le cadeau de la confiance.  J’ai vu alors tous les préjugés que je portais dans ma besace. « La pauvreté empêche le développement humain », « Les noirs sont sous-développés », « Les noirs sont des profiteurs, ils ne veulent pas sortir de leur pauvreté pour continuer de recevoir des dons », « C’est un continent qui ne sait vivre que par la magie noire et la sorcellerie »

J’ai été également face aux préjugés qui avaient pris racines chez eux : « Tu es suisse, alors tu as beaucoup d’argent », « Tu es blanche tu peux pas supporter notre nourriture », « Tu viens d’un pays où il n’y a pas de pauvreté » « Tous les blancs veulent nos richesses et nous laisser sans rien ».

Il y a en tout cela du vrai et du faux. Oui, il y a des gens qui profitent, aussi bien d’un côté que de l’autre. Il y a une réalité de pauvreté et de précarité (personne ne peut nier la famine), que l’on soit d’Afrique, d’Europe ou d’ailleurs. Il y a des Africains qui sont riches même s’ils sont moins nombreux que chez nous. Il y a cette réalité que les richesses minières sont plus intéressante économiquement que la construction d’écoles, de dispensaires, de développement durable. Il y a aussi des richesses qui sont données sans monnaies trébuchantes : l’accueil, le partage, la simplicité, …

 

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Il est plus facile de désintégré un atome qu’un préjugé. / Albert Einstein

Essayez de faire des exercices parallèles à celui-ci : suite à un voyage effectué dans un pays différent du vôtre, suite à un changement de perception que vous pouviez avoir il y a quelques années, suite à un changement dans votre vie …

Cela vous permettra de devenir plus souple face à vos pensées, votre manière de voir le monde et peu à peu,  de mettre bien des maux vécus par la société en convalescence.

A bientôt. 

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