Lorsque la peur nous empêche d'agir

Publié le par processuscroissance.over-blog.com

Objectif : de quoi avons-nous peur ?

 

Est-ce quelque chose de nouveau que de parler publiquement de la peur ? Pas de celle que nous vivons personnellement, mais de la peur qui entoure notre vie sociale en général. Nos vieux démons, nous les laissons en sommeil de peur de les réveiller, sans nous douter qu'ils ont un sommeil si léger qu'ils risquent forts de se réveiller au contact de ce que nous disons.

Je veux parler de ces peurs diffusent qui agissent lentement, à la manière d'un poison invisible, dans nos conversations d'un soir ou d'un après-midi entre amis.

C'est la constatation que je fais souvent : lorsqu'un groupe se retrouve, les membres se mettent, bien souvent, à parler de ce qui les inquiètent, même s'ils ne sont pas directement concernés.

Il est un fait, les médias sont des professeurs très convainquants et nous sommes des élèves très malléables ! Je vous donne un exemple.

Samedi soir, nous étions un peu plus de 20 personnes pour un repas qui avait été précédé d'un tournoi de quille.

A l'entrée, une salade mixte.

Soudain, une personne dit à son voisin : "Quoi, tu manges le concombre ?"

 "Ben oui, j'aime ça!" répond l'autre étonné par la réaction.

"Mais, tu n'as pas écouté les nouvelles ? Il y a une bactérie dans les concombres et il y a déjà des morts en Allemagne ..." 

Résultat, toutes les personnes proches de celle qui a lancé la nouvelle ont gentiment poussé sur le bord de l'assiette le fameux concombre suspecté dès cette seconde comme un agent indésirable dans l'assiette.

La peur du concombre ne s'est pas arrêtée à notre petit groupe, mais a gagné tout le territoire européen. C'est ainsi que le lendemain, aux nouvelles du soir, un journaliste faisait le tour des marchands de légumes et en quelques dizaines de témoignages le verdict est tombé : les légumes crus peuvent être dangereux pour la santé !

 

Bon, je le reconnais, j'exagère un peu ... pourtant, c'est le même phénomène avec la grippe aviaire ... avec la "vache folle", avec ... et le pire est que, en filigramme, il y a bel et bien un danger !

Aujourd'hui, nous vivons des peurs collectives : peur de la maladie et de la mort ... peur pour l'avenir de nos enfants ... peur de chômage ... peur de la précarité ... peur de l'autre ... peur de la solitude ... peur de ne pas être à la hauteur ... peur de la violence individuelle et collective ... peur des choix politiques ... peur des catastrophes naturelles ... peur des nouvelles technologies ...

 

Que de peurs !!!!

 

Le socilogue Roger Sue menait, il y a quelques années, une enquête dans une banlieue française. Sa conclusion reste pertinante aujourd'hui.    

« Après les témoignages, il apparaît que derrière les questions, il y a les réponses. Cela montre la volonté de mobilisation: les peurs sont-elles biens réelles ou fantasmatiques ? Sommes-nous dans une société où les peurs sont bien présentes ?  Les peurs individuelles ne sont pas sans connexion avec les peurs collectives, elles les reflètent. Les peurs d’aujourd’hui sont-elles plus fortes que celles d’hier ? Il semble impossible de répondre à cette question. »

 

Avoir peur n’est pas un problème en soi. Devant un danger réel, c’est un réflexe naturel, pour ne pas dire nécessaire.

 

Après le 11 septembre, la peur des avions volant trop bas ravivait l’horreur suivie en direct par des millions de personnes. Ce n’est pas normal d’avoir la même peur si je suis dans le désert et que je vois le sillage d’un avion !

Si je suis victime d’un accident grave, il est normal que je garde en moi des séquelles et que celles-ci ravivent ma peur lorsque je vois un dépassement téméraire. 

 Il y a une grande différence entre la personne qui a été mordue par un chien et celle qui n’a jamais été mordue mais qui a entendu que tous les chiens sont dangereux.

Mais combien de fois sommes-nous réellement confrontés à un danger ?

95% de nos appréhensions ne se réaliseront jamais.

Quitter nos appréhensions pour revenir  au réel, cela demande d’entrer dans un apprivoisement de nos peurs intérieures. Nous découvrirons alors que nous pouvons agir directement sans être obligés de suivre la phobie du jour. Nous vivrons une manière naturelle de ne pas nous mettre en danger et nous puiserons dans une ressource extraordinaire que nous avons au profond de nous : le bon sens de la vie. 

Pour reprendre l'exemple du concombre, nous choisirons ceux qui viennent de notre région, nous le laverons avant de le déguster. Rien ne va nous certifier qu'il n'est pas contaminé par une bactérie, mais les chances qu'il y soit sont de 0, 0000001 par rapport à ceux qui sont vendus actuellement sur le marché.

Bon appétit et à bientôt.  

 

Publié dans Archives 2011

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