La fuite est-elle une manière de vous protéger ?

Publié le par processuscroissance--blog.com

Il y a quelques années, un groupe d’adolescents a décidé de jouer en pleine nuit … à cache-cache dans le … cimetière du village.

Au début, tout cela était joyeux. Rien que l’idée d’enfreindre les principes qui demandent que soit respecté le repos des morts leur donnait une audace incroyable.

Je les regardais prendre position devant la grille. Aucun garçon, aucune fille n’affichait une réticence quelconque à vivre l’expérience.

Et le coup d’envoi a été donné.

Ils se sont dispersé entre les tombes et le silence s’est brisé par des petits cris qui se sont amplifiés ici et là.

Le jeu prenait une autre tournure.

Se cacher n’était pas si drôle, mais aller effleurer la jambe, le bras de la copine, du copain, c’était beaucoup plus drôle … surtout dans un tel endroit.

La peur a prit le dessus, amplifiée par la lumière des gyrophares d’une voiture du police. Des voisins avaient téléphoné pour les avertir qu’il y avait profanation de tombes.

Et j’ai vu ces ados prendre leurs jambes à leur cou. L’un à droite, l’autre à gauche, celui-ci essayant de sauter par-dessus le mur, celui-là pétrifié derrière la grille qui s’était refermée. Le chaos total.

Tout s’est bien terminé. Il a fallu quelque jours pour ceux qui avaient eu le plus peur ne sursaute plus dès qu’une mouche se posait sur lui, sur elle.

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C’est instinctif : devant la peur la fuite est la seule échappatoire qui semble possible

Ok, mon histoire (vraie en plus) n’est pas la situation dans laquelle vous risquez de vous retrouver demain.

Je l’ai prise ici car elle traduit parfaitement, à la manière d’un zoom, ce qui se passe en soi lorsque la crainte, la peur, la méfiance traversent la sensibilité.

Un mouvement, la plupart du temps inconscient, se produit : la fuite.

Et il y a plusieurs façon de fuir, en voici quelques unes :

Ø arrêter de respirer comme si vous cherchiez à devenir invisible

Ø regarder à droite, à gauche comme si vous cherchiez une issue

Ø fixer le plafond comme si celui-ci pouvait vous apporter une réponse lumineuse

Ø tortiller vos mains sans essuie-mains

Ø croiser et décroiser vos jambes comme si vous tricotiez une écharpe

Ø crayonner ou gribouiller comme si vous vous mettiez dans la peau d’un caricaturiste

Ø mâchouiller l’intérieur de vos lèvres comme s’il vous restait un bout d’aliment depuis le dernier repas

Ø toussoter, vous moucher comme si vous aviez un rhume éclaire

Ø regarder le bout de vos chaussures comme si vous découvriez que vous avez des pieds

Ø

Autant de petits gestes, anodins au premier regard, mais pris dans l’humour permettent de détecter que la personne ou vous-même est entrain de fuir quelque chose.

Des gestes que vous pensez inoffensifs, aptes à cacher votre crainte, votre méfiance, votre peur, votre instabilité du moment.

Ce que nous appelons le langage non-verbal mais qui en dit long sur ce que vous vivez au moment précis, sur ce que vit la personne que vous observez.

Que faut-il déduire de ces réactions ?

C’est un réflexe sensible.

La sensibilité vient de capter quelque chose qui n’est pas très agréable et elle essaie de trouver une issue pour fuir ce qui ne lui est pas agréable.

Suivant le degré du désagréable, le cérébral y apporte une note plus ou moins appuyée. Il amplifie ou minimise l’état.

C’est un mouvement souvent instinctif qui n’est pas conscient, même pour la personne qui le vit.

C’est une manière de se protéger face à un danger vérifié ou pas.

Que cache la fuite sensible ?

Prenons par exemple  la fuite du regard des autres.  

Je pourrais vous présenter la peur du regard des autres sous son aspect pathologique. C’est quelque chose de très répandu.

La peur du regard des autres peut également être quelque chose que vous vivez assez souvent, sans y mettre ce diagnostic.

Comment réagissez-vous lorsque dans un lieu public :

Ø vous vous rendez compte que vous êtes entrain de sourire béatement à une pensée qui vous traverse ...

Ø lorsque l’envie de rire d’une scène vous prend …

Ø vous vous apercevez que votre chemise a une tache de café …

Ø vous prenez conscience que vous avez mis votre pull à l’envers …

Ø vous avez le nez qui pique …

Ø vous ne trouvez pas vos mots pour vous exprimer …

Ø vous ne savez pas où vous avez rangé votre carte bancaire …

Ø vous renversez votre verre …

Ø vous trébuchez sur un caillou ou glissez sur une feuille mouillée …

Ø

Ce sont autant de petites choses qui vous sont sûrement déjà arrivé.

Si vous êtes seul/e, cela ne vous posera aucun problème. Mais, si vous êtes face à du monde, ce sera un problème !  

ü Vous chercherez alors à camoufler le malaise que vous ressentez

ü Vous ferez tout ce qui semble à votre portée pour que le regard des autres ne perçoive pas ce que vous essayez de réfréner ou de masquer

ü Ne désirant pas attirer les regards, vous adopterez l’une au l’autre des réactions citées ci-dessus

Vous pouvez vous « amuser » à trouver d’autres situations, d’autres moments où dans votre vie vous passer plus de temps à fuir quelque chose qu’à simplement accueillir les vibrations sensibles.

Comment vivre sans forcément chercher la fuite devant l’inconfort ?

Etant donné que c’est souvent inconscient, vous ne percevrez pas que vous fuyez régulièrement.

Par contre, vous pouvez apprendre à décoder ce qui se passe en vous, à observer ce qui se passe au niveau de votre sensibilité.

Ø Il est des craintes, des peurs, des méfiances qui sont bien réelles. Disons qu’elles représentent un faible pourcentage par rapport à celles qui ne sont que des fantômes, des idées, des pensées.

Ø Les craintes, les peurs, les méfiances qui peuvent être ressenties ne sont pas toujours fondées et ne sont que le vague souvenir d’une situation, d’un évènement qui vous a procuré un désagrément réel.

En observant ce qui se passe au niveau sensible vous parviendrez peu à peu à :

ü Devenir également conscient/e des réactions que vous vivez pour fuir la situation ou le moment présent

ü Mieux comprendre certaines réactions qui vous apparaîtront comme flagrantes chez les autres (ces réactions peuvent être produites par une peur réelle ou une peur fantôme. Ne cherchez pas à savoir ce qu’il en est, acceptez simplement que c’est sa manière de fuir).

Réfléchissez-y …

 

Je vous souhaite une excellente journée et je vous dis à bientôt.


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