Ma voisine adore faire du shopping à Londres, elle n’aime pas les spaghettis !

Publié le par Madeleine Moreau

Savoir se situer en restant soi-même

  

Et moi, je n’ai aucune envie d’aller faire du shopping à Londres, même si Easy Jet me propose un aller-retour pour 20.- CHF, même si je sais qu’il est possible de se trouver des trucs supers chouettes pour bien moins cher que chez nous.

  

Je n’ai pas envie d’aller si loin alors que j’ai ce qui m’est nécessaire tout près de chez moi … et puis … je ne parle pas l’anglais !

Elle ne comprend pas ma réaction, elle me dit qu’il me faut un peu sortir de mon cocon, qu’il y a plein de découvertes à faire à Londres, que c’est une ville à découvrir, etc.

Mais, quand je lui propose une soirée spaghettis, en toute simplicité, elle a toujours une excuse pour décliner l’invitation … jusqu’au jour où elle m’a avoué qu’elle n’aimait pas les spaghettis !

Je ne comprends pas qu’on puisse ne pas aimer les spaghettis, c’est d’ailleurs mon plat préféré.

  

A la base, il y a un scénario qui se répète à l’infini

   

Ce qui se passe entre ma voisine et moi, je pourrais le transférer dans des dizaines, des centaines de situations.

Le scénario est toujours le même. Les personnages, les situations changent, les raisons de titillement ne sont pas les mêmes, le scénario se déroule de la même manière :

Ø L’autre ne comprend pas mes idées, ma manière de voir les choses, les principes que je peux avoir, ma manière de vivre …

Ø Je ne comprends pas ses idées, sa manière de voir les choses, les principes qui conduisent sa vie, sa manière de vivre …

Faites un tour dans vos relations.

Vous pouvez passer une soirée extraordinaire ensemble, partager plein de choses de votre vie, vous entendre à merveille.

Lorsque vous rentrez, vous vous dites : « Cette soirée était vraiment merveilleuse, qu’est-ce qu’on était bien, mais … je ne comprends pas pourquoi Pierre revient toujours sur les mêmes choses, il nous gonfle avec ses croyances ».

Et, que pense Pierre lorsqu’il pense à vous ? « Elle est vraiment chouette, Madeleine, mais je ne comprends pas comment elle peut soutenir la recherche contre le cancer  et défendre la médecine alternative ».

Le problème, à y regarder de près, est toujours le même :

Ø Je ne le/la comprends pas

Ø Il/elle ne me comprend pas

Et comme ce n’est pas très confortable à vivre, surtout si l’on désire garder une relation amicale, on fait semblant de comprendre.

Ce semblant ne tient pas à long terme. Chaque partie le ressent à sa manière et en tire les conclusions finales, surtout celles qui vont dans son sens !

  

Comment je me situe face à ceci … à cela ?

   

L’autre problème est de ne pas vraiment se situer face à ce qui nous tient à cœur.

L’autre problème est de ne pas accepter que l’autre puisse se situer autrement face à ce qui nous tient à cœur.

Le cœur du problème est de ne pas se prononcer dès le départ, au moment où il serait si simple de dire : « Acceptes-tu que je puisse avoir une autre vision de ceci, de cela ? » ou encore : « Tu vois les choses ainsi, je les vois autrement ».

Si, dès le départ, j’avais dit à ma voisine que Londres ne m’attirait pas et que je ne voyais pas l’intérêt d’aller m’acheter des fringues là-bas … si je lui avait dit que je n’aimais pas l’anglais … si je lui avait dit que sa proposition de l’accompagner un jour ne m’intéressait pas … Est-ce qu’elle essaierait encore de m’inviter ? Pas sûr.

Si dès le départ, à la première invitation que je lui ai faite pour un souper spaghettis, elle m’avait dit qu’elle ne les aimait pas, plutôt que de me donner l’excuse qu’elle avait autre chose de prévu … comme pour les autres invitations … je lui aurais demandé ce qu’elle aimait, et je l’aurais invitée pour un autre repas. Pas sûr non plus qu’elle n’aurait pas eu une autre excuse ! (Le problème serait alors autre chose)

Dans le cas de la soirée entre amis, le problème est de la même couleur : Pierre ne se situe pas vraiment dans ses croyances, il essaie juste de ménager la chèvre et le loup, comme on dit. En plus, il monte à l’assaut dès qu’il se trouve face à quelqu’un qui pense autrement que lui.

Et moi, je ne me situe pas non plus. Je ne veux pas « heurter » Pierre, je ne veux pas le contredire, je ne veux pas que puisse naître une tension dans le groupe …

Vous voyez la suite ?

Ø Je ne le comprends pas …

Ø Il ne me comprend pas …

Mais à part ça, on s’entend merveilleusement bien sur plein d’autres choses !

Se situer face à ceci, face à cela, ce n’est pas faire entendre à tout prix sa position, sa pensée, sa croyance.

Se situer face à ceci, face à cela, c’est prendre une position qui est PERSONNELLE.  Il est IMPOSSIBLE de se situer à la place des autres.

Se situer face à ceci, face à cela … c’est revenir à ces 2 questions :

Ø Et moi, qu’est-ce que je pense ?

Ø Et moi, qu’est-ce que je veux vraiment ?

Si je pense que la recherche contre le cancer mérite d’être soutenue et que la médecine alternative peut apporter un soutien, c’est ma pensée. Une autre personne a le droit de dire que la médecine alternative n’est que du charlatanisme pour remplir les poches de quelques mafieux.

Si ce que je veux vraiment est de simplement ouvrir une porte à la possibilité qu’il y a plusieurs manières de pratiquer la recherche et de guérir, je peux l’affirmer sans chercher à convaincre … surtout si ne n’ai pas de preuves à l’appui !

Ø Et moi, comment est-ce que je me situe ?

C’est la 3ème question.

Je me situe autrement que Pierre – Pierre se situe autrement que moi.

Nous n’avons pas une vérité globale, nous avons chacun nos vérités et nous devons l’accepter.

  

En conclusion

   

Se situer dès le départ est, parfois, la meilleure chose que vous puissiez faire. Les choses sont claires.

Accepter que vous puissiez avoir des avis différents, que les autres puissent avoir des avis différents, c’est vivre une relation authentique.

Ne pas chercher à faire changer l’autre pour le ramener à votre perception, c’est aider l’expression de la liberté individuelle et sociale.

  

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Ne plus être influencé/e par ce que pensent les autres

Une manière différente d’écouter vos besoins

   

Je vous souhaite un bon début de semaine. A bientôt.
 

 

 

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