Nos chemins d'Exode

Publié le par processuscroissance--blog.com

Regard psychologique sur un texte de l’Ancien Testament

Les chrétiens vivent les fêtes pascales. Un point de repère important dans leur vie de foi.

Je n’ai jamais voulu mélanger religion et laïcité. Par contre, je reste persuadée qu’il est bon de temps en temps de créer des ponts entre ce qui est de l’ordre spirituel, religieux et/ou philosophique.

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Aujourd’hui est l’occasion de porter un regard psychologique face à la lecture d’un texte du livre de l’Exode.

L'Éternel parla à Moïse, et dit :

Parle aux enfants d'Israël ; qu'ils se détournent, et qu'ils campent devant Pi Hahiroth, entre Migdol et la mer, vis-à-vis de Baal Tsephon ; c'est en face de ce lieu que vous camperez, près de la mer.

Pharaon dira des enfants d'Israël : Ils sont égarés dans le pays ; le désert les enferme.

J'endurcirai le coeur de Pharaon, et il les poursuivra ; mais Pharaon et toute son armée serviront à faire éclater ma gloire, et les Égyptiens sauront que je suis l'Éternel. Et les enfants d'Israël firent ainsi.

On annonça au roi d'Égypte que le peuple avait pris la fuite. Alors le coeur de Pharaon et celui de ses serviteurs furent changés à l'égard du peuple. Ils dirent : Qu'avons-nous fait, en laissant aller Israël, dont nous n'aurons plus les services ?

Et Pharaon attela son char, et il prit son peuple avec lui.

… Les enfants d'Israël levèrent les yeux, et voici, les Égyptiens étaient en marche derrière eux. Et les enfants d'Israël eurent une grande frayeur, et crièrent à l'Éternel

Ils dirent à Moïse : N'y avait-il pas des sépulcres en Égypte, sans qu'il fût besoin de nous mener mourir au désert ? Que nous as-tu fait en nous faisant sortir d'Égypte ?

N'est-ce pas là ce que nous te disions en Égypte : Laisse-nous servir les Égyptiens, car nous aimons mieux servir les Égyptiens que de mourir au désert ?

Moïse répondit au peuple : Ne craignez rien, restez en place, et regardez la délivrance que l'Éternel va vous accorder en ce jour ; car les Égyptiens que vous voyez aujourd'hui, vous ne les verrez plus jamais.

3ème millénaire

Aujourd’hui, plusieurs peuples vivent dans l’oppression qui est une forme d’esclavage (dictature, prise de pouvoir, refus de la liberté …)

Et pour nous qui vivons dans des pays « libres » ?

N’avons-nous pas nos propres esclavages ?

·         Esclaves du temps où il faut produire toujours plus, être de plus en plus compétitifs …

·         Esclaves du travail : se battre pour garder son emploi, donner plus de travail dans un espace temps limité …

·         Esclaves de nos propres fonctionnements, que ceux-ci soient individuels ou sociaux …

·         Esclaves d’une dépendance …

·         Esclaves de la condition de vie que nous désirons …

·         Esclaves de notre histoire …

·         Esclaves de nos croyances …

Nous avons nos propres oppresseurs :

·         D’abord nous-mêmes car nous exigeons toujours plus de nos énergies pour réussir, pour gravir les échelons, pour nous maintenir au-dessus de la moyenne sociale …

·         Les médias, le monde politique qui nous maintiennent dans des illusions et nous font des promesses qui ne voient jamais le jour …

·         Nos environnements matériels et humains  qui attendent que nous réussissions, que nous donnions jusqu’à la moelle de nos os …

·        

Nous avons nos guides, (Moïse) :

·         Nos questions existentielles …

·         Nos recherches de sens …

·         Nos aspirations à trouver notre liberté, notre autonomie, notre épanouissement …

·         Nos modèles, ceux qui nous disent que nous pouvons nous réaliser …

Nous avons nos images qui nous maintiennent dans nos prisons et qui vont à contre-sens de ce que nous désirons le plus pour notre vie.

Comme le peuple de la Terre Promise, nous sommes :

·         en quête de vie

·         en quête de sens

·         en quête de réalisation.

Comment vivre nos propres Exodes en ce 3ème millénaire ?

·         Repérer les opportunités. Celles-ci peuvent se présenter là où nous ne les attendons pas.

C’est l’écoute de nos aspirations, les réponses qui jaillissent dans nos quêtes de sens.

A chaque fois, il est possible de repérer une invitation à changer quelque chose dans notre manière de vivre, de percevoir notre notion de liberté.

·         Oser quitter. Oser quitter ce que nous connaissons. Nous laisser explorer d’autres solutions, d’autres manières de vivre qui correspondent à ce que nous recherchons profondément.

·         Faire confiance. Rien ne peut nous assurer que nous ferons le bon choix, que nous traverserons la mer pour rejoindre une terre plus hospitalière. La vie nous demande simplement de faire confiance, d’oser quitter ce que nous connaissons, ce que nous croyons faire partie de notre condition pour aller de l’autre côté.

·         Partir. Le peuple de la Terre Promise aurait pu rester sur le rivage, craindre ce qu’il allait trouver de l’autre côté. Il s’est mit à l’écoute de son guide, Moïse. Nous pouvons décider d’écouter notre « voix intérieure », lâcher nos craintes et nous avancer vers l’inconnu.

·         Traverser.  Le moment sans retour … S’engager définitivement vers un nouvel horizon, décupler la confiance, avancer sans s’arrêter, sans savoir ce qui nous attend de l’autre côté.

·         Faire face à la peur. Faire face au doute. Ce que nous quittons est un monde qui, que nous le voulions ou non apportait une certaine sécurité. Nous avions une reconnaissance sociale, nous avions pris l’habitude de vivre notre esclavage et nous savons que lorsque nous serons de l’autre côté, nous n’aurons pas emporté avec nous les illusions de la sécurité.

Nous vivrons des moments où nous nous demanderons si ce n’était pas mieux de rester comme nous étions, là où nous avions au moins le minimum nécessaire pour nous sentir bien.

·         Ne rien regretter. Décider de quitter un esclavage induit obligatoirement  que de l’autre côté, la liberté ne sera pas à l’image de ce que nous avons pris l’habitude de vivre.

Celui qui quitte une dépendance, quelle soit d’une nature ou d’une autre, sait qu’il ne la retrouvera pas de l’autre côté et qu’il devra vivre sans avoir ce recours qui lui permettait de tenir le coup.

·         Avancer. Il n’y a rien d’autre à faire que d’avancer, de continuer, de poser un pas devant l’autre jusqu’au moment où l’on se trouve de l’autre côté.

L’autre rive

ça y est … vous êtes de l’autre côté, vous avez traversé. Vous avez quitté ce qui vous maintenait esclave et vous pensez être arrivé dans un Eldorado.

Non, ce n’est pas ainsi que ça se passe. De l’autre côté, rien n’est construit. Ce n’est peut-être pas encore le bout du chemin.

Il vous faudra encore sans doute marcher, progresser sans savoir ce qui est à franchir, à traverser à nouveau. Vous retrouverez vos peurs, vos terreurs mais aussi vos moments d’espoirs, vos oasis.

Vous arriverez un jour là où vous aurez envie de construire le reste de votre vie. A ce moment-là, vous serez au bout de votre Exode.

Conclusion :

C’est l’histoire même de votre vie que vous venez de découvrir.

A chaque fois que vous prenez la décision de changer quelque chose dans votre vie, de quitter ce qui vous enchaîne, vous entrave, vous vivez un Exode.

Cet Exode est nécessaire. Il vous conduit à trouver l’Essentiel qui est en vous, à vous conduire là où vous allez pouvoir donner le maximum de vous, là où vous allez pouvoir vous réaliser, vous épanouir.

Si vous avez le sentiment d’avoir vécu un ou plusieurs Exodes, je vous invite à vous arrêter et à regarder ce qu’est devenu ce que vous avez quitté.

Je vous souhaite de belles fêtes de Pâques et je vous retrouve dans quelques jours.

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