Pas facile de faire face aux préjugés

Publié le par processuscroissance.over-blog.com

Personne n’aime qu’on lui mette une étiquette sur sa manière d’être ou de vivre

 

Qu’on le veuille ou non, les étiquettes sont destructrices pour bien des personnes.

 

Que vous soyez un peu différent des autres, et hop, on vous colle une étiquette, celle de « ne pas être très normal », « un peu déjanté », « légèrement à côté de ses pompes (quand ce n’est pas en dehors). »

 

Le préjugé, un jugement porté à partir de ce qui est en dehors de nos principes, de nos valeurs, de nos correctement corrects … a bien des chances de faire un buzz dans nos manières d’êtres et de regarder les autres.

 

La personne qui le subit va également se sentir victime des conséquences et devra aller à la recherche de ses ressources les plus profondes pour s’en sortir.

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Il est facile de dire : « Fous-toi de ce que les autres disent et va ton chemin ». Il est tout aussi facile d’inciter la victime à regarder ce qu’elle peut changer pour mettre fin à ce qui la fait souffrir.

 

Ne pas être touché par le préjugé, continuer de vivre avec l’étiquette qui poursuit, demande d’avoir la force de se confronter au réel, de remonter le fil de sa vie, de faire et refaire la vérité, de remettre les choses à leur juste place.

 

Pour chaque personne, le chemin est différent. Normal puisque l’histoire est différente.

 

Ce chemin n’est pas facile. Il peut sembler aussi difficile qu’une pierraille que l’on traverse au moment où le brouillard gagne les cimes.

 

Ce n’est pas écrit sur son front

 

François a 45 ans. Jovial, convivial avec des valeurs humaines très belles, il souffre d’une difficulté à assumer sa vie.

Il n’est pas rare qu’on lui demande sa profession. Sa réponse déstabilise, met mal à l’aise. … ce n’est pas normal qu’un homme comme lui soit au bénéfice d’une rente !

Suspicion, méfiance, prise de distance, fin de la conversation entamée … cela, il connaît.

François se sent jugé et ne sait pas comment se défendre contre ce sentiment qu’il ne sert à rien, qu’il n’apporte rien, qu’il est une charge pour la société.

Son chemin pour retrouver sa dignité est à tout moment freiné par un manque de confiance, d’estime pour lui-même.  

Avancer n’est pas évident.

Son histoire joue un rôle important. Aujourd’hui, ce n’est pas écrit sur son front qu’il est inapte pour un travail régulier. Il n’est pas écrit qu’il souffre d’une incapacité de rester concentré ne serait-ce que 4h par jour sur une tâche.

Comment faire face aux regards des autres ? Comment se sentir utile dans une société qui exige un engagement et une réussite professionnelle ?

En revenant à son histoire, en revisitant aussi souvent que nécessaire les raisons qui l’ont conduit à une incapacité de travailler. Revenir, revisiter dans le but d’accepter ce qui a été, de prendre sa part de responsabilité hier et aujourd’hui.

Toxicomane dans sa jeunesse, il s’en est sorti … mais avec des conséquences qui sont lourdes à vivre.

Ancien toxicomane, aujourd’hui il donne son temps pour rencontrer ceux qui sont sans logis, ceux qui sont dans la galère qu’il a si bien connue. Il est à l’écoute des épaves de la drogue.

Soutenu par une institution dans son engagement, il sillonne les rues de la ville. Il est simplement un bénévole, rien qu’un bénévole …

La drogue l’a détruit dans sa dimension « rentabilité » mais l’a renforcé dans sa dimension humaine. Il apprend à vivre au-delà des préjugés, il apprend à accepter cette étiquette que les « biens portants » lui collent dès qu’ils apprennent qu’il est au bénéfice d’une rente.

C’est une pauvre fille !

Nadia est une jeune femme de 30 ans. Elle est de nature joyeuse et attire sur elle les regards. Sa manière d’être en société en gêne plus d’un … Trente ans mais les attitudes d’une petite fille de 10 ans.

Personne ne va lui demander ce qu’elle fait dans la vie. Le jugement est posé, c’est une pauvre fille, elle ne travaillera jamais, elle a de la chance de pouvoir habiter chez ses parents …

Les personnes qui la connaissent savent qu’elle a un travail, un salaire. Elles savent également qu’à l’âge de 25 ans Nadia a quitté le nid familial pour s’installer dans un petit appartement décoré avec goût et raffinement.

Si elle arrive à vivre aujourd’hui comme « tout le monde », c’est grâce à un long chemin en psychanalyse … (hé oui, cela a du bon) … et au soutien reçu de ses proches.

Nadia continue d’apprendre à vivre avec cette étiquette de « pauvre fille », avec les regards de pitié qui se posent parfois sur elle, avec les gestes qui lui disent gentiment qu’elle doit devenir comme les adultes.

Elle continue à visiter son histoire pour accepter sa chute dans une rivière gelée à l’âge de 13 ans, le long séjour dans un établissement pour les traumatisés cranio-cérébraux. Sa longue rééducation pour retrouver ses réflexes psychomoteurs.

Ce que vous pouvez apprendre en lisant cet article :

·         Ce n’est pas écrit sur votre front si vous avez des raisons d’être comme vous êtes, c’est-à-dire, « pas conforme » aux regards des autres.

·         Les préjugés, les étiquettes qui vous poursuivent peuvent être des freins importants dans votre épanouissement.

·         Ce n’est pas le préjugé ou l’étiquette qu’il vous faut changer, mais le regard que vous portez sur vous-mêmes.

·         Votre histoire est votre meilleure alliée pour entrer dans l’acceptation, dans les responsabilités que vous pouvez avoir quant à votre situation.

·         Vous pouvez donner foi aux jugements ou décider de vivre sans les laisser vous atteindre, à vous de choisir.

·         Personne à part vous ne sait ce que vous vivez et vous avez le droit de dire que le jugement est un assassin pervers qui condamne sans savoir qu’il y a un être plein d’humanité derrière l’apparence.

Bon chemin de vie et à bientôt.

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