Prendre du recul n’est pas toujours évident

Publié le par Madeleine Moreau

Le « problème » est tellement énorme …

Il est intéressant de regarder ce que recherchent les personnes qui s’aventurent sur la toile.

C’est ainsi que je vois que 3 personnes sur 5 arrivent sur ce blog après avoir tapé la requête : « Comment prendre du recul » - « Prendre du recul, comment faire ? » -  « C’est quoi prendre du recul quand rien ne va ? » - « Je n’arrive pas à prendre du recul » …

3 personnes sur 5, ça fait beaucoup. Alors, même si j’ai déjà traité ce sujet à quelques reprises, il m’apparaît judicieux d’y revenir aujourd’hui.  

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2 situations, 2 réalités différentes

 

        V. ne trouve plus le sommeil depuis quelques jours. Ses nuits sont perturbées par des crises d’angoisses.

Il tourne et retourne le problème dans tous les sens.

Il ne voit aucune issue, aucun moyen de regarder le problème autrement et est sur le point de tout abandonner.

        M. vient d’apprendre une très mauvaise nouvelle. Ce qu’elle redoutait le plus atteint une personne qui lui est très proche.

Elle est prise dans un flot d’émotions qui l’empêche de réagir calmement.

Elle passe par la colère, la rage, l’impuissance, la peur, le sentiment d’injustice.

Elle ne sait pas comment retrouver son calme.

Pour avancer, pour trouver une solution, il est impératif qu’elles puissent prendre du recul et regarder la situation autrement.

C’est ce qu’elles essaient de faire, sans résultats.

Alors, elles me demandent de les recevoir pour un entretien coaching.

 

Prendre du recul, un processus à suivre

 

Que vous soyez dans la situation de V. ou M. ou n’importe quelle autre personne, lorsque le « problème » (à savoir la situation vécue), prend toute la place, occupe tout l’espace, il ne sert à rien de vous dire que vous  devriez  prendre du recul, regarder le problème autrement, prendre de la distance avec ce qui vous arrive.

Ça ne sert à rien, tout simplement parce vous êtes en plein dedans. Vous êtes, d’une certaine manière, engloutie par ce qui vous arrive.

Un autre problème s’ajoute lorsque vous essayez de parler de votre situation.

Les personnes à qui vous en parlez vont essayer, pour vous réconforter ou, le plus souvent, prendre du recul avec les sentiments qui sont générés par votre désarroi, de vous montrer autre chose que le « problème », elles tentent de guider votre regard vers quelque chose de plus confortable, ça ne marche pas, vous ne voyez que le « problème », vous êtes devenue le cœur du problème.

Il vous faut donc trouver quelqu’un de « neutre », qui n’est pas impliqué sentimentalement dans votre vie, qui peut se mettre dans vos souliers, à votre place, sans jamais prendre votre place et votre responsabilité.

Note : Le premier réflexe consiste souvent à s’adresser à une personne proche : le/la conjoint/e, un de ses enfants, un ami, une amie … ces personnes sont trop proches de vous, elles ont des sentiments pour vous, elles veulent vous aider, elles ne peuvent pas toujours faire la part de ce qui vous appartient et des émotions qui les envahissent. C’est l’une des raisons principales pour laquelle nous ne sommes jamais le coach ou le psy des personnes qui nous sont proches affectivement.

Donc, vous devez vous adresser à une personne « neutre » - ce qui ne veut pas dire qu’elle ne peut pas être proche de vous – surtout si vous avez déjà une longue expérience d’accompagnement avec elle.

Par « neutre », je veux dire : une personne qui agira en professionnelle, qui a une expérience d’écoute et de connaissance psychologique.

1ère étape :

Exposez votre « problème », votre situation, ce que vous vivez, ce que vous ressentez, ce qui occupe tout votre champ de vision.

Permettez à la personne qui vous écoute de visualiser votre situation, de rejoindre ce que vous vivez, d’entendre ce que vous désirez.

C’est un peu comme si vous aviez devant vous des vases communiquant. Vous remplissez le vase de votre conseiller/ère pour qu’il/elle puisse vous rejoindre.

D’une certaine manière, cela vous permet de vous détacher de la zone perturbée, du cœur de ce qui vous envahit. Vous prenez déjà un peu de distance avec ce que vous ressentiez au départ.

Ce n’est pas encore une prise de recul.

Le début de la prise de recul, c’est la 2ème étape :

Avez-vous déjà expérimenté le phénomène de l’écho ?

Vous criez … vous attendez … et le cri vous revient …

Lorsque vous exposez votre situation, lorsque vous parlez de ce que vous vivez ou ressentez, c’est le cri de votre sensibilité que vous envoyez à la personne qui vous écoute.

Celle-ci enregistre votre cri … le laisse résonner en elle … elle le laisse s’identifier à la situation critique que vous traduisez comme faisant partie de votre vie.

Elle vous renvoie ensuite votre cri.

Pas du tout de la même manière que le votre, bien sûr. Elle vous renvoie l’essentiel de ce qu’elle a entendu, le comment elle l’a entendu.

Elle vous replace, de manière différente, dans votre situation. Je pourrais dire que « votre cri » vous revient de manière « filtré », la densité émotive, émotionnelle est différente, elle est, plus positive, moins dense.

C’est ce qui vous permet de commencer à prendre du recul.

Vous commencez à voir le « problème » autrement, à prendre de la hauteur, du recul.

3ème étape :

C’est l’étape du dialogue. Il s’agit de faire quelque chose de « ce » problème, et cela, même si rien ne va changer dans la situation, dans l’évènement que vous vivez.

Ce qui va changer, c’est votre implication dans la réalité vécue.  

La personne qui vous accompagne dans ce processus reprend ce que vous lui avez partagé et vous aide à faire le tri pour ce qui est de vos émotions, de votre manière de réagir et la situation telle qu’elle est.

Elle vous permet de faire ou de défaire les liens.

Elle vous permet de percevoir ce que vous pouvez prendre dans votre responsabilité, dans votre pouvoir de changement.

Elle vous apporte des pistes que vous n’auriez pas perçues en restant au cœur du problème.

Ce n’est pas elle qui vous dit ce que vous devez faire, c’est vous qui découvrez comment vous pouvez faire.

Sans en avoir conscience, vous êtes alors, pleinement, dans la prise de recul nécessaire pour faire face à la tempête qui sévissait en vous.

 

Conclusion

 

Prendre du recul, c’est un processus qui est à mettre en place.

Ce processus vous permet, comme dans le phénomène de l’écho, de dire votre souffrance intérieure, de la sortir de vous et de la retrouvé filtrée de sa charge émotionnelle.

En l’accueillant à nouveau, la situation « s’éclaire » de l’intérieur.  Vous pouvez alors agir autrement qu’en souffrance.

Les repères qui vous indiqueront que vous avez pris du recul sont :

Ø Un apaisement profond

Ø Une manière plus sereine de faire face à la situation

Ø Des pistes de résolution que vous pouvez mettre en œuvre

Ø Une compréhension et une acceptation de ce qui est

Certaines situations ne peuvent pas changer. C’est le cas de M. Elle ne peut qu’entrer dans l’acceptation que ce qu’elle redoutait le plus atteint la personne qui lui est proche.

V. a découvert que ses crises d’angoisses étaient dues à quelque chose qu’il refusait d’abandonner, il reproduisait à l’identique ce qui lui apportait une sécurité. Il entre, aujourd’hui, dans une autre attitude, celle de vivre autrement ce qui lui tient à cœur.

Chaque situation a des effets différents, les causes peuvent être les mêmes, mais la manière de les résoudre doivent s’adapter au vécu de la personne.

Je vous souhaite une excellente journée, à bientôt.


 

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anny 18/11/2015 04:09

je mène une association qui protège les oiseaux, sauvages ou domestiques. Il est 4 heures du matin,je suis en train d'euthanasier une perruche pour qu'elle meurt sans souffrir, j'ai tout ce qu'il faut grâce au vétérinaire. Je sais faire, je l'ai déjà fait, il n'y a que ça à faire et j'ai du mal à rester détachée dans un moment de mort consentie pas consentie révoltante qui doit arriver dans la paix le consentement la non révolte etc etc et basta, comme dirait Alexandre Jollien dans petit traité de l'abandon. Comment à 4 heures du matin je dis ça à mon coach mince alors ?

Madeleine Moreau 18/11/2015 08:16

Bonjour Anny
Pas autrement que de cette manière.
Oui, même pour une perruche, enlever la vie est un geste qui peut toucher. N'ayez pas honte de ressentir ce que vous ressentez au moment où vous euthanasiez une perruche, et demandez à votre coach de vous aider à prendre le recul nécessaire pour libérer ce qui là.
Bonne journée