Quand la joie met le cœur en deuil

Publié le par Madeleine Moreau

20 décembre : Accueillir notre impuissance    

 

Hier j’ai pris du temps pour commencer mes achats en vue de la fête de Noël.

 

Les commerces étaient pleins à craquer.

 

En cette période, tout est lumineux, festif, invitation à la fête, à la joie.

 

Au restaurant, un homme seul devant sa tasse de café. La cinquantaine. Une chemise au col usé, les couleurs défraichies par de multiples passages en machine. Les coudes posés sur le bord de la table, ses mains soutenaient sa tête.

Toute sa personne traduisait une souffrance vécue en direct devant ces personnes qui passaient devant lui sans rien voir.

 

Rayon alimentaire – Une femme et ses 2 jeunes enfants. Elle s’est arrêtée devant l’étalage des propositions culinaires du réveillon : foie gras, jambon en croûte, filets mignons, sachets de morilles … le tout présenté sur un beau tissu bleu roi parsemé d’étoiles.

Elle a regardé, sans rien touché.

Dans son caddie, il n’y avait pas grand-chose : une boîte de raviolis, un paquet de pâte, une salade, quelques mandarines.

Son regard s’est porté sur ses enfants. Il était plein de tristesse, comme si les larmes effleuraient le bord de ces cils.

Toute cette nourriture ne leur était pas destinée.

 

A l’étage des jouets les peluches se dandinent sur un chant de Noël à côté des consoles de jeux – Une femme qui doit être grand-maman regarde les prix. Elle laisse son regard se perdre au-delà des guirlandes lumineuses, pose l’objet et repart les épaules voûtées, le pas hésitant.

 

Il suffit juste d’observer ce qui se passe autour de soi pour déceler combien la joie qui devrait entourer la fête de Noël n’est pas la même pour tous.

 

De retour à ma voiture, la radio diffuse les dernières nouvelles : Les conditions de vie des réfugiés syriens s’aggravent … les inondations en Irlande privent les habitants d’électricité … l’indice de la croissance financière en Suisse va augmenter l’an prochain …

Tout se mélange – souffrance, joie – désespoir, espoir – combat, liberté …

 

Pensee-du-20-decembre.jpg

 

Je constate que je reçois tous ces signes qui me traduisent des réalités dont je suis très éloignée en ressentant une impuissance d’action.

 

Je ne peux que me dire que les fêtes de Noël ne sont pas « festives » pour tout le monde.

 

Et puis, il y a les personnes qui gravitent dans mon monde relationnel : si pour plusieurs la fête de Noël sera paisible, sereine, joyeuse, pour d’autres ça ne sera pas le cas.

Une amie qui est emprisonnée dans une solitude qui s’amplifie lorsqu’elle voit les autres se réjouir d’être ensemble.

Une autre qui m’est proche qui ne verra pas, une fois de plus, ses petits enfants, ses enfants.

Ce couple qui est séparé par l’hospitalisation définitive de l’un d’eux.

Ses amis qui savent que leur papa ne verra sans doute pas le Noël de cette année et ne sera pas avec eux pour un évènement heureux.

Cette connaissance qui va dire « A Dieu » à son épouse cet après-midi.

 

Autant de cas, de réalités, que j’aimerais pouvoir changer, ne serait-ce que pour quelques jours, quelques heures.

 

Tout ce que je peux faire, c’est accueillir mon impuissance à changer quoi que ce soit à leur réalité, accueillir l’élan de tendresse qui monte dans mon cœur et, leur envoyer une pensée invisible en espérant que dans leurs cœurs elles ressentiront le souffle léger de celle-ci.

 

Je ne peux rien faire pour améliorer leur situation.

Il y a d’ailleurs des situations où il n’y a rien qui soit, humainement, possible de faire.

Je ne peux qu’espérer qu’un papillon puisse, lorsque le moment sera venu, déployer ses ailes et s’envoler vers sa liberté.

 

Si vous aussi, vous vivez en ce moment difficile, si les lumières, les chants, l’approche des fêtes vous est insoutenable, essayez d’accueillir les tous petits signes de tendresse qui vous sont donnés, que ceux-ci soient visibles ou invisibles.

 

Je sais, c’est bien peu de chose, mais qui sait, cela pourrait bien remplir votre cœur et vous apporter le sentiment que vous ne traversez pas ces fêtes dans l’indifférence totale. C’est ce que je vous souhaite, du fond du cœur.

 

A demain pour ouvrir une nouvelle fenêtre.


 

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Publié dans Divers

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