Qui sont les personnes qui laissent une empreinte positive en vous ?

Publié le par processuscroissance--blog.com

Pour ne pas se souvenir que de celles qui ont un impact négatif

L’autre jour je lisais un article sur un blog qui m’a donné comme « un goût de reviens-y » en le lisant.

Il y a ainsi des pages qui nous marquent, nous interpellent, apportent une bouffée d’oxygène dans la journée.

De quoi parlait cet article ?

D’une personne passionnée.

Allez lire cet article et revenez lire la suite

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Hé oui, vous venez de visiter un blog qui parle généralement de Copywriting et là, Yvon a ouvert la porte à ce que je nomme le développement personnel positif.

Ça fait du bien de lire des articles comme ça.

Du développement personnel positif ? ! ?

Mais le développement personnel n’est-il pas toujours positif ?

Bien sûr que oui … tout dépend du côté de la pièce dont nous le regardons.

A force de présenter tout ce qui empêche l’être humain de se déployer, d’entrer dans un épanouissement serein,  le risque est d’oublier de parler de cette dimension à première vue positive.

Bien sûr, il y a cette réalité qui est de penser qu’il faut vraiment avoir des problèmes, ne pas parvenir à se sortir des méandres difficiles pour faire du développement personnel.

Changement de perspective ou arrêt bénéfique pour percevoir les bienfaits du positif en vous

Quelles sont les personnes qui ont laissé une empreinte positive en vous ?

J’ai envie, aujourd’hui de vous inviter sur mon chemin de vie et de vous faire rencontrer deux personnes qui ont laissé, sans le savoir, une empreinte positive en moi.

 

Le curé du village

Nous vivions dans un tout petit village. A peine 200 habitants. Il y avait une église et un presbytère dans lequel vivait un prêtre âgé.

Un petit village dans lequel se trouvait : 2 restaurants, une entreprise, 1 épicerie, 1 laiterie … et bien entendu, 1 école et 1 cimetière !

J’avais 7 ans lorsque ce vieux curé m’a demandé qui j’acceptais d’aller lui chercher ½ l de lait chaque soir.

J’ai accepté avec joie. De toute manière, j’allais chercher les 3l pour la consommation familiale, alors, un bidon de plus pour mes petits bras, c’était pas énorme.

Le bidon était déposé dans l’entrée ou se trouvait une petite alcôve. Il me suffisait de le prendre et de le remettre à mon retour.

Le premier soir, en venant avec le précieux breuvage se trouvait dans l’alcôve un bonbon. J’ai déposé le lait et j’ai laissé le bonbon.

Le soir suivant le bonbon avait disparu mais il y avait une branche de chocolat. Je l’ai également laissée.

Les trois soirs suivant, il n’y avait rien.

Le cinquième soir il y avait une petite pièce de monnaie. Je l’ai également laissé.

Le soir suivant, le vieux curé m’attendait, appuyé sur sa canne. Je l’ai vu dans la lumière diffuse avec sa canne, le dos voûté, et sa perpétuelle soutane qui était devenue trop grande pour lui.

J’ai été intimidée par son regard. Un regard long, profond.

J’ai eu peur. Qu’est-ce que j’avais fait de mal ? Qu’est-ce que j’avais pas fait bien ?

D’une voix très douce, il m’a dit : « Madeleine, si je mets quelque chose à la place du bidon, c’est pour toi. Tu peux le prendre. »

Il m’a pris le bidon des mains que je n’avais pas lâché. Il est rentré chez lui.

Une pièce de monnaie était déposée pour moi.

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Picus

Quelques années plus tard nous avons déménagé dans un village beaucoup plus grand. J’avais 10 ans.

Dans ce village vivait un homme, un artisan. Il était à la fois un peu menuisier, ébéniste, couturier, décorateur … Il était tout ça à la fois …

Picus comme on le surnommait était le fabricateur de cercueil pour le village et les métairies avoisinantes.

Il avait en haut du village son atelier.

Il aimait travailler le soir. Disons, qu’il continuait de travailler bien au-delà des heures de bureau ou d’usine.

Il travaillait et dans son atelier qui sentait la sciure, les copeaux de bois, la peinture il y avait toujours des gamins, des gamines qui étaient assis sur le sol pour regarder la télé qu’il avait acquis pour ces gosses qui venaient rôder dans son atelier.

Lui, il continuait sa tâche.

Il sciait les planches, les rabotait. Il ne fallait pas qu’il puisse rester une échine, un éclat. Il prenait un soin énorme à tendre le tissu sur un duvet de ouate, disposait avec douceur le coussin. Tout ça pour que la personne qui y serait couchée pour l’éternité s’y trouve bien.

Il faisait cela sans grands discours. Tout était dans ses gestes.

Lorsque l’heure venait de rentrer, il nous invitait gentiment à partir. Refermait son atelier sachant qu’il serait à nouveau à la tâche le lendemain.

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Leur empreinte laissée en moi  

Oui, j’ai eu la chance de côtoyer deux personnes tout à fait extraordinaire.

Personne n’écrirait un livre à leur sujet, tellement leur vie est à première vue normale pour ne pas dire banale.

Pourtant, lorsque je laisse le souvenir de leur présence me visiter, je ne puis les voir comme des personnes que l’on qualifie de normales, de banales.

Elles ont eu ce truc en plus qui fait que plus de 40 ans plus tard, je me souviens d’elles. Qui font que quelque part, elles ne sont pas mortes mais toujours vivantes.

C’est cela qui est important. Comment se fait-il qu’elles soient encore vivantes en moi ?

Pour répondre, je suis obligée de regarder l’empreinte qu’elles ont laissée en moi.

Le vieux curé a laissé une empreinte de douceur, de bienveillance.

Sa douceur s’est manifestée dans le comment  il m’a dit que ce qu’il mettait sur la petite tablette de l’alcôve était pour moi. Je n’avais pas beaucoup de cadeaux de ce genre à l’époque.

Sa bienveillance s’est manifestée par le fait qu’il m’a demandé si je pouvais lui rendre un service, si j’acceptais de lui rendre ce service. Il aurait pu demander à un autre gamin, c’est à moi qu’il a demandé, sans s’arrêter sur le contexte « étiquette » que je possédais déjà.

Ce que l’empreinte a permis d’éveiller en moi

J’ai longtemps souffert des étiquettes que l’ont m’avait collées. Je suis allergique aux étiquettes.

Donc, je pourrais dire que c’est parce que j’en ai souffert que je ne supporte pas cette manière de cataloguer les gens. C’est le développement personnel avec une approche par un fait négatif.

Si je creuse un peu plus, je vis une foi en l’être humain. Ce qui est important pour moi, ce n’est pas l’étiquette qu’il porte mais ce qui peut s’éveiller en lui.

Je reste persuadée que rien n’est irréversible, qu’il suffit d’un rien pour qu’un début de délinquance ne se change en une belle humanité.

Cette manière de voir les choses est très proche de l’attitude du vieux curé. C’est le développement personne avec une approche par un fait positif.

Picus, c’est une autre empreinte.

Quand il faisait froid dehors, quand il pleuvait, il y avait, dans le village, un lieu où les gamins pouvaient se réfugier.

Bien sûr, la télé (à l’époque il n’y en avait pas dans toutes les familles) était une attraction de taille.

Il y avait aussi ces intermèdes où il répondait à nos questions curieuses de savoir pourquoi il faisait tout ça pour quand on serait mort … Et là, il nous parlait de la vie, pas de la mort.

Son atelier était rempli d’une ambiance. Le bruit du rabot, les coups de marteau, l’odeur du bois n’aurait pas rempli l’ambiance. La présence de picus à son travail la remplissait.

Sans rien dire, sans forcer, il était une figure de notoriété. Il suffisait de le regarder pour comprendre le pont entre la vie et la mort, entre le présent et l’éternité.

Ce que l’empreinte a permis d’éveiller en moi

L’envie de donner du sens à ma vie vient sans doute, du moins en partie, de ce souvenir d’ambiance.

Faire les choses et savoir pourquoi je les fais c’est aussi à lui que je le dois.

Sans le savoir, il a été, à sa manière, un professeur extraordinaire. Un professeur qui m’a appris qu’il faut vivre pendant que l’on est sur cette terre, après ce n’est plus possible. Lorsque le couvercle se referme, il ne reste plus que le souvenir.

L’éducation reçue allait plutôt dans l’autre sens. Il fallait souffrir pour être digne de vivre. Il fallait travailler dur toute sa vie pour mériter le repos.

Cette éducation était limitative, non tournée vers le plaisir de faire, non orientée vers le sens possible à donner à sa vie. Sortir des pièges des limites inscrites c’est le développement personnel à partir de situations de non existences, donc « négatives ».

La leçon de vie reçue de Picus est plus importante dans ma réalisation. Sans en avoir conscience, je dirais que sa manière de parler de son travail, son accueil et ses longs moments à le regarder ont contribué à me donner le plaisir de trouver du plaisir dans ce que je fais, dans ce que je réalise. C’est le développement personnel par une approche positive.

Ce sont mes empreintes, quelles sont les vôtres ?

Ø  Avez-vous dans votre album de vie des personnes qui ont laissé leurs empreintes positives dans ce que vous êtes aujourd’hui ?

Ø  Avez-vous côtoyé des personnes qui par leur côté passionné ont été vos professeurs de vie ?

Ø  Connaissez-vous des personnes qui sont passionnées par ce qu’elles font, par ce qu’elles vivent ?

Prenez le temps de regarder ce qu’elles vous apportent lorsque vous vous souvenez d’elles et gardez tout cela quelque part dans votre cœur.

pas dans la neige

 

Faites du développement personnel positif.

Cela vous donnera peut-être de réfléchir à l’empreinte que vous pourriez bien laisser lorsque vous quitterez ce monde.

Je vous souhaite une excellente journée. Je vous retrouve très bientôt.

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