S’ouvrir pour ne pas mourir

Publié le par Madeleine Moreau

L’enseignement de la rose

Rubrique Développement Personnel

 

Une rose rêvait de la compagnie des abeilles, mais aucune n’osait se poser sur ses pétales.

La pauvre fleur restait ouverte toute la journée, sans succès. Durant de longues nuits, elle imaginait un ciel rempli d’abeilles qui s’approchaient affectueusement de son cœur pour venir la butiner. De tels songes lui permettaient de résister à sa solitude le jour suivant, quand elle recommençait à s’ouvrir à la lumière du soleil.

Une nuit, la Lune, face à tant de solitude, se pencha sur la rose et lui demanda :

Rose, n’es-tu pas fatiguée d’attendre ?

Si, mais je dois continuer à lutter.

Pourquoi ?

Parce que si je ne m’ouvre pas, je me fane  

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Parce que si je ne m’ouvre pas, je me fane

Il y a plusieurs solitudes.

Tout d’abord celle qui touche de plus en plus de personnes qui sont isolées de tout réseau social, qui sont seules, sans personne qui viennent les visiter, sans personne à qui parler.

Il y a la solitude affective – un réseau social, des collègues de travail, des amis/es, des enfants, petits-enfants – rien qui ne vienne remplir le vide affectif, le partage de vie avec un compagnon, une compagne.

Il y a la solitude intérieure – solitude face à la maladie, un problème ou une fermeture de soi aux autres.

Le point commun qui relie ces différentes solitudes, c’est l’attente.

Attente que quelqu’un vienne sonner à la porte : le facteur, une voisine, quelqu’un qui vient prendre des nouvelles … Attente qui peut durer des jours, voir des semaines.

Attente de trouver le compagnon, la compagne qui viendra remplir le vide affectif, qui arrivera comme le prince charmant, la princesse tant attendue … Attente qui peut durer des années.

Attente de recevoir un peu d’amour, de reconnaissance, de bienveillance, d’écoute … Attente de recevoir ce qui manque le plus et que l’on n’ose pas demander par peur d’être rejeté/e ou incompris/e … Attente, parfois, de la mort qui viendra comme une délivrance, ou, d’un changement qui viendra redonner un peu de vie et remplir le vide.

Cette attente peut être active ou passive.

Active : Il y a une ouverture … même si elle semble minime, même si elle s’arrête aux rêves, à une espérance qui n’a pas de fondations.

La personne reste ouverte au moment présent, elle profite des opportunités pour rester dans une relation humaine, elle se joint à la foule anonyme, elle continue de vivre sans s’effacer complètement.

Passive : Il y a fermeture … plus de rêves, plus d’espérance.

La personne s’est refermée. Elle attend mais son cœur n’attend plus. Tout lui paraît gris et triste. Sa vie ne vaut rien, elle-même ne vaut rien. Elle a démissionné et quitté le monde des vivants.

Passive, elle se fane et perd peu à peu ses couleurs.

Une rose qui nous apprend à rester actifs

Lorsque la solitude devient une prison pour le cœur, il est un choix qu’il faut faire – reconnaître la souffrance qui est vécue au plus profond de soi, l’accueillir, l’accepter et choisir de ne pas se refermer complétement, de ne pas fermer à double tour la porte de son cœur.

C’est facile à dire, sans doute, plus difficile à vivre. Pourtant, il n’y a pas d’autres choix.

La rose voit toutes les autres fleurs et les abeilles qui viennent goûter le nectar qu’elles peuvent offrir. Elle aimerait être comme elles, mais aucune abeille ne vient se poser sur son cœur.

Mais, chaque matin, elle choisit de s’ouvrir, de montrer son cœur, elle ne cache pas les épines qui font partie de sa condition de vie, les couleurs de ses pétales, la beauté de son cœur, la douceur fine de son parfum, elle espère qu’une seule abeille soit attirée et vienne à elle.

Il en est ainsi de nos moments de solitude, peu importe le genre, peu importe la taille de nos épines (nos blessures, nos maladies, nos manques, nos vides …), nous pouvons choisir de montrer les couleurs qui nous habillent intérieurement, la beauté qui est dans nos cœurs, notre regard qui est notre parfum.

Si, en ce moment, vous sentez le poids de la solitude et une non-envie de vous ouvrir, je vous invite à faire un geste pour vous : courez chez le fleuriste le plus proche de vous et offrez-vous une rose.

Si vous ne ressentez pas le poids de la solitude, mais que vous connaissez une personne qui risque de se faner ; offrez-lui une rose et partagez-lui cet article.

Je vous souhaite une excellente journée, à bientôt.


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Kamel 03/04/2014 00:29


Bonjour,


Très bon article, j'ai bien apprécié sa lecture

Madeleine Moreau 03/04/2014 08:54



Bonjour Kamel,


Merci d'être venue faire un tour sur mon blog.


Bonne journée


Madeleine



Jea 02/04/2014 11:12


Chère Madeleine,


Quel bel article sur ce sujet si douloureux qu'est la solitude d'une personne.


La solitude affective, je connais bien. Ce vide béant que rien ne peut combler. On voudrait tellement être content de ce que l'on a, mais ça ne suffit pas.


Lorsqu'on est en compagnie - d'amis, des enfants, des petits-enfants même -, on se sent mieux pendant quelques heures. Puis, on retourne vers son vide.


Tu nous proposes d'aller acheter une rose. Je souris, parce que c'est justement ce que j'ai fait cette semaine, je me suis offert un bouquet de fleurs, chose que je n'avais plus faite depuis
tellement longtemps.


Trouver la clé pour être juste bien avec ce que l'on a. Je suis consciente que j'ai tout ce qu'il me faut pour être bien dans ma vie. Mais quelque chose bloque. Comment faire ... je n'ai pas
trouvé jusque-là.


Je te remercie pour tes articles, qui parlent tellement juste, qui touchent là où il faut, là où c'est utile.


Affectueusement


Jea

Madeleine Moreau 02/04/2014 11:24



Bonour Jea,


Merci d'avoir posté ce commentaire qui parlera, je pense, au coeur de beaucoup de personnes.


Oui, parfois, il semble qu'on a tout ce qu'il faut dans la vie, mais quelque chose bloque, comment faire ? 


Je ne sais pas si il y a une réponse au comment faire, si ce n'est d'accueillir, accueillir encore et encore ... et faire le choix de s'ouvrir à ce qui est possible dans le
moment présent. 


Courage.


Madeleine