Tout le monde n'a pas la chance de voyager sur un paquebot de luxe

Publié le par processuscroissance--blog.com

Les naufragés de la vie

 

Suite à l’article : « L’iceberg est innocent » j’ai reçu un courriel d’une personne qui me disait : Tout le monde n’a pas la chance de voyager sur un paquebot de luxe. Moi la vie m’a fait cadeau d’un rafiot qui n’arrête pas de prendre l’eau. Je me sens plus une perpétuelle naufragée qui n’arrive pas à s’en sortir même quand j’essaie de penser à des meilleurs jours. »

barque.2.jpeg

Elle me fait penser à ces personnes dont nous pourrions dire qu’elles sont des naufragées de la vie, même si je n’aime pas mettre des étiquettes.

Et c’est une réalité. Certaines personnes ont subi de graves traumatismes psychologiques et corporels qui font qu’elles n’arrivent pas à naviguer dans des eaux calmes sans risque d’échouer à la moindre vague.

Y a-t-il un plan de sauvetage pour elles ?

Lorsque je parle de plan de sauvetage, je veux dire : existe-t-il un outil, un moyen, un truc pour les aider à se sortir de l’impasse dans laquelle elles se trouvent ?

La solution serait sans doute de leur offrir une nouvelle embarcation qui ne risquerait pas de prendre l’eau, qui serait sûre à 100% et qui leur permettrait de se sentir en sécurité.

Oui, ce serait une solution. C’est sans doute ce que beaucoup de personnes ont déjà essayé de faire sans que le problème ne soit réglé.

Après une période où tout semble aller mieux, leur belle embarcation prend l’eau ! A croire qu’elles font exprès pour provoquer un nouveau naufrage !

Je connais des personnes (ce ne sont pas des clients/es et elles ne suivent aucune thérapie) qui présentent ces symptômes du naufragé permanent.

Dans la vie, elles ne se distinguent pas des autres. Elles ont un travail, une famille, des amis et pourtant elles ne parviennent pas à monter à bord de l’embarcation de leur vie.

Elles sont heureuses si vous les invitez à votre bord et gardent au profond d’elles-mêmes la peur panique que vous les conduisiez à un nouveau naufrage.

barque-bois.jpg

La peur de vivre et/ou l’incapacité de vivre

Ce qui me frappe chez ces personnes, c’est de constater leur peur de vivre, de se vivre en adultes responsables, de prendre des décisions.

Elles ont besoin de s’appuyer sur les autres, de se créer un environnement où elles se sentent en sécurité, de se créer un monde bien à elles.

C’est un peu comme si elles étaient restées à l’étape d’avant le traumatisme et avaient arrêté de vivre par elles-mêmes.

La rage de vivre même si cela commence par une survie

Je connais d’autres personnes qui ont été des « naufragées de la vie ». Abandon, maltraitance, abus sexuel … et pourtant, elles se sont mises debout, ont construit leur vie et aujourd’hui tiennent la barre de leur vie sans avoir peur de couler.

Ce sont des personnes fortes, fiables, pleines d’optimisme et ouverte aux autres.

Généralement ces personnes se sont reconstruites dans un premier temps avec au cœur la rage de vivre (elles avaient quelque chose à prouver au monde entier). Elles se sont battues contre vents et marrées. Elles ont échoué par moment et se sont relevées.

Avant d’entrer dans une autonomie et une liberté face à leur vie, elles ont commencé par survivre, par se débattre de leur peur de vivre.

Pourquoi certaines personnes s’en sortent et d’autres restent prisonnières dans l’épave de leur vie ?

C’est une question que je me pose bien souvent.

Pourquoi certaines parviennent à traverser leurs traumatismes, à quitter leur épave pour se construire et tenir la barre de leur vie ? Pourquoi d’autres restent toute leur vie des naufragés perdus sur une mince lagune de terre ?

Il y a toute la question de la résilience. Les premières ont su saisir toutes les opportunités, chances que la vie leur présentait, les suivantes n’ont pas su saisir ces opportunités, ces chances. N’en n’ont-elles pas la force ou pas le désir ? Elles seules pourraient le dire.

Il est un fait également à prendre en considération. Les personnes qui se sont reconstruites ont commencé leur bataille alors qu’elles étaient jeunes. Est-ce que après la cinquantaine ce n’est plus possible ? Je ne l’affirmerais pas, je pense que c’est possible mais plus difficile.

DSC04950.JPG

Pourquoi garder un rafiot qui n’arrête pas de prendre l’eau ?

«  Moi la vie m’a fait cadeau d’un rafiot qui n’arrête pas de prendre l’eau. »

Ce n’est pas la vie qui nous fait cadeau du rafiot … c’est l’héritage que nous recevons de ceux qui devaient nous aider à prendre notre envol, qui devaient nous apprendre à naviguer notre vie.

Mais cet héritage, nous sommes libres de le garder ou de le renvoyer à leurs propriétaires.

Nous sommes libres de choisir notre embarcation, celle qui nous conduira là où nous voulons aller, qui pourra faire face aux tempêtes, aux icebergs, aux obstacles qui se mettront sur notre route.

Nous sommes libres de demander à des « marins » expérimentés de nous aider à reprendre confiance pour nous aventurer dans des eaux inconnues. Quitte à ce que nous nous engagions pour un temps comme membre de leur équipage.

Le « rafiot » que nous gardons parce que c’est notre héritage ne sert à rien, pire il nous empêche de prendre le large, de trouver notre liberté et notre dimension.

A tous les naufragés de la vie, je ne puis que leur souhaiter de rencontrer sur leur chemin des « marins » qui vont les aider à construire une embarcation solide et les accompagner jusqu’au moment où ils seront prêts pour commencer à naviguer dans l’océan de la vie.


Vous connaissez des personnes qui auraient besoin de lire cet article ? N’hésitez pas à leur envoyer le lien, à l’imprimer, à le partager.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

zenie 23/04/2012 10:01


Bonjour,


"pourquoi certaines personnes s'en sortent et d'autres restent prisonnières dans l'épave de leur vie?" : certaines questions n'ont pas forcément de réponses et il faut l'accepter ainsi, la vie
est complexe et ne peut pas être expliquée parfois...


zenie

processuscroissance--blog.com 23/04/2012 10:07



Bonjour Zenie,


Oui, comme tu le dis, certaines questions n'ont pas forcément de réponses. Le but n'est pas de donner des réponses à tout et se rendre au réel est parfois plus constructif que de rester dans
l'illusion.


Cela n'enlève pas la possibilité de regarder comment d'autres personnes se sont mises debout tout en ayant vécu une situation similaire. C'était le but de mon article.


Toute bonne journée à toi.