"Y'a de l'eau dans le gaz" Belle expression pour expliquer les tensions relationnelles

Publié le par processuscroissance--blog.com

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C’est ce qui vient rapidement à l’esprit, avant même d’en savoir un peu plus.

Cela se sent, cela se voit, cela s’entend … y’a de l’eau dans le gaz.

C’est plus parlant que de dire : « y’a comme des tensions entre vous ou dans le groupe ».

C’est aussi une manière élégante de dire que quelque chose ne va pas, que l’on ne se comprend pas, que l’on n’arrive plus à s’entendre.

Entre Jean et Monique il y a quelque chose qui ne va pas. A les voir ensemble, on sent bien qu’il y a de l’eau dans le gaz.

Rien apparemment ne laisse percevoir qu’il y a entre eux des frictions. Par leur sourire, leur manière de se tenir la main, tout laisserait à penser qu’ils « filent » le parfait amour.

Qu’est-ce qui fait que l’on sent bien qu’il y a de l’eau dans le gaz ?

Il y a ce qu’ils cherchent à montrer … ou à cacher … Le sourire affiché masque en fait un malaise qui est palpable.

Tous deux sourient mais ne se regardent pas. Si l’un cherche le regard, l’autre le fuit.

Le ton de leur voix qu’ils essaient de rendre légère s’entend autrement. Il y a un vibrato dans les mots, un tremblement difficile à maîtriser. Cela ne s’entend pas lorsqu’ils s’adressent aux autres. Cela s’entend distinctement lorsqu’ils se parlent.

Leur manière de se tenir la main n’est pas naturelle. Il y a comme une distance émotionnelle qui se perçoit malgré eux. Par exemple, le sac à main qui est le signe visible de la non-acceptation de la proximité physique d e l’autre … les bras qui sont écartés du corps … en sont les signes.

Lorsqu’ils sont bien « obligés » de se parler, de dire quelque chose ou de se concerter, le « malaise installé »  s’en ressent un peu plus fortement. Les mots ne sont pas prononcés dans la douceur. Il y a des petites tiques qui fusent, pas méchantes,  elles ont juste le pouvoir de révéler qu’il y a des choses à régler.

Un nouvel associé vient d’arriver dans le service. Il est ressenti comme un élément imposé par la direction. Depuis son arrivée on ne peut qu’observer une dégradation dans les relations collégiales.

De l’extérieur, ce n’est qu’un employé de plus qui vient renforcer l’équipe.

Nécessaire ou superflu n’est pas la question.

Cet associé arrive pour s’insérer dans un ordre qui était bien établi. Parce que l’ordre était bien établi, il n’y a pas d’espace possible pour lui.

Toute l’équipe est bien trop polie pour dire le fond de sa pensée. Alors le silence devient une règle pesante.

Les pauses s’en ressentent. Plus personne ne dit ce qu’il, elle a fait pendant le week-end … au cas où l’associé irait le redire ailleurs …

L’humour qui régnait lors des colloques s’évanouit. Mieux vaut être prudent, après tout, rien ne nous dit que cet associé n’est pas un espion au service de la direction …

L’associé quant à lui cherche à s’insérer, à se faire une place. Ne connaissant pas les règles de l’équipe, c’est avec ses propres repères qu’il tente de s’insérer.

Cela peut plaire ou déplaire. Cela peut le rendre sympathique ou  le contraire. Cela peut permettre des alliances ou creuser la distance.

A un moment ou à un autre, si chaque personne du groupe reste sur un ressenti de départ sans évoluer, la tension deviendra plus palpable et pourra conduire à un conflit. 

Que pouvez-vous apprendre de ces situations ?

Dès qu’il y a un couple (2 personnes) ou un groupe (dès 3 personnes), les tensions sont inévitables.

         C’est normal

Il y aura toujours, à un moment ou à un autre, des conditions favorables qui vont conduire à vivre une atmosphère plus tendue.

         Les besoins, les insatisfactions jouent un rôle important.

Chaque personne vit des besoins.

Lorsque ceux-ci ne sont pas nommés ou sont brimés par l’autre, l’insatisfaction se fait ressentir.

Les besoins non formulés, les insatisfactions non reconnues conduisent à mélanger l’eau et le gaz. 

         Vouloir faire « bonne figure » ou protéger l’équilibre est vain.

La réaction première est de chercher à sauver les apparences. Ce n’est qu’une illusion.

         Chercher à faire comprendre à l’autre ou aux autres que la situation ne convient pas, c’est comme chercher à noyer le poisson dans l’eau.

Le recours à des reproches déguisés, les illusions voilées sont les ingrédients clés pour augmenter le taux de tension.

Que ce soit dans un couple ou dans un groupe, il est possible d’agir rapidement dès que les effets du mélange entre l’eau et le gaz sont observés : 

         Parler de ses besoins – nommer les insatisfactions

C’est sans doute le remède le plus efficace qui soit. Un remède qui permet de ne pas rester dans le « non dit », dans quelque chose qui reste coincé à travers la gorge.

L’autre peut entendre ou refuser d’entendre. L’avantage est de toute manière un plus pour entrer dans un dialogue constructif.

Ø  Oser vivre les émotions qui naissent dans la situation

C’est le contraire de chercher à sauver les apparences. Si l’émotion qui vous habite vous pousse à ne pas prendre la main de l’autre ou à détourner son regard, qu’est-ce qui vous oblige à le faire ?

Garder la juste distance et reconnaître l’émotion vécue peut vous permettre justement à vivre un bon équilibre.

Ø  Ne pas se servir des autres ou de l’autre pour régler un problème interne

C’est le piège par excellence.

Un couple peut ainsi, chacun de leur côté, chercher des alliances à l’extérieur : « Il, elle ne comprend pas … c’est de sa faute si … tu ferais quoi à ma place … »

L’autre piège est de jouer un jeu psychologique à l’interne du couple : « Je vais te faire comprendre, sans te le dire, que la situation me fait mal …»

Ø  Oser entamer le dialogue à partir de ce que l’on ressent

C’est possible au sein du couple. C’est également possible au niveau du groupe.

Si dans l’exemple cité plus haut, les membres de l’équipe osaient dire au nouvel associé qu’il n’est pas, à priori, le bienvenu dans un ordre bien établi et qu’on ne sait pas trop qui il est, la pression augmenterait.

Par contre si les membres de l’équipe entraient dans un dialogue constructif pour apprendre à connaître la personnalité du nouvel associé, quitte à sortir pour un temps de leur ordre établi, une nouvelle relation serait possible.

L’expression utilisée pour souligner qu’il y a une tension est aussi le chemin tracé pour en faire quelque chose

Savez-vous que cette expression a une origine lointaine ? Elle remonte au temps où le gaz a été installé dans les immeubles Parisien. Ce n’était pas encore le gaz naturel.

Il arrivait alors fréquemment que lorsque l’eau débordait d’une casserole, celle-ci éteignait la flamme sans arrêter l’arrivée du gaz. Une étincelle extérieure conduisait alors à l’explosion.

Une tension c’est comme si le contenu de votre vie se mettait à déborder, éteignant la flamme de la relation et qui risque d’exploser à la première étincelle. 

Je vous souhaite une belle journée et je vous retrouve prochainement.


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